Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Françoise Benhamou : Université Sorbonne Paris Nord
Si une abondante littérature a été développée sur les spécificitésde l'information sur le web, peu de travaux ont traité de l'importance relative de l'acquisition d'information web et hors web et sur le rôle que joue l'expérience des individus tant vis-à-vis des biens convoités que des nouvelles technologies. L'objet de cette communication est d'étudier dans quelle mesure le numérique constitue un nouveau modèle de prescription à destination des lecteurs de bande dessinée. Nous montrerons, à partir, d'une enquête réalisée auprès d'un public d'étudiants, que dans l'ensemble les comportements sur le web se développent au plus près de la quête d'information dans le monde physique, avec des différences selon l'expérience des individus. Si les individus utilisent largement Internet dans leurs pratiques quotidiennes, les usages qu'ils en font varient selon leurs habitudes de consommation passées en vertu d'un effet d'apprentissage. Nous notons le cas spécifique du web 2.0 qui n'est pas parvenu à supplanter son homologue, le traditionnel bouche à oreille. S 'il offre de nouvelles opportunités de traitement de l'information (communication stockable et classable), celle-ci ne réussit pas à supplanter la perte de confiance induite du fait de la disparition de la rencontre physique des acteurs.
Depuis plusieurs années, les nouvelles technologies diversifient l’accès aux arts et à la culture. Elles peuvent avoir un effet cumulatif sur l’offre culturelle et favoriser la consommation des groupes déjà fortement dotés en capital culturel. Elles peuvent aussi contribuer à la spécialisation des publics. À cela s’ajoute l’effet de la composition démographique des sociétés occidentales qui comptent désormais des groupes issus de différentes communautés ethnoculturelles et linguistiques. On assiste, en effet, à la multiplication des réseaux dans lesquels des communautés de goûts réunies autour de certains produits culturels valident leurs choix et légitiment leurs pratiques culturelles. Comment interpréter le rôle traditionnel des pairs dans la transmission des goûts pour la culture dans ce contexte ? Les nouvelles technologies génèrent-elles systématiquement de nouveaux publics ? Comment les processus de médiation culturelle s’en trouvent affectés ? Ces questions invitent également à repenser à la proximité de l’artiste et de son public, au poids des industries culturelles et de la création indépendante dans cette nouvelle donne, aux objectifs de démocratisation et de démocraties culturelles des administrations publiques, mais aussi aux liens entre des référents culturels transmis par ces nouvelles pratiques et leur impact sur l’identité collective dans un espace sociopolitique donné. Ce colloque propose donc d’examiner les transformations des pratiques culturelles liées aux technologies numériques et leurs conséquences sur les différents acteurs des arts et de la culture.