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Matthieu Béra : Université de Bordeaux
La communication portera sur l'une des multiples transformations auxquelles un texte d'auteur peut-être soumis à compter de sa parution, ici les Formes élémentaires (1912). Comment sont-elles restituées dans les ouvrages d'introduction à la sociologie en France, depuis les années 60 ?
Le corpus consiste en une vingtaine d'ouvrages d'introduction, d'histoire de la sociologie, des manuels, des notices de dictionnaires, des petites monographies sur Durkheim (depuis la première de Duvignaud en 1965 jusqu'à l'ouvrage de Coenen-Huther de 2010 en passant par celui de Steiner, 1994)
Seront successivement analysés plusieurs aspects :
- ce que l'on retient des Formes, comment on choisit de les présenter : notions et problématiques clés, exposé de la méthode, signalisation des éventuelles influences…
- ce que l'on dit de sa première réception et des débats que l'ouvrage aura pu susciter jusqu'à nos jours : quels sont les auteurs mobilisés « contre » Durkheim, à propos de quelles notions ?
La question finale est au fond la suivante : quel est le statut des Formes dans ces ouvrages d'introduction généralistes ? Les Formes constituent elles un « classique » au même titre que les Règles ? Comment présente-t-on aujourd'hui cet ouvrage à côté des autres écrits et travaux de Durkheim ? Dans quels buts manifestes souhaite-t-on encore enseigner les Formes, le considérer et le transmettre comme un élément du patrimoine de la tradition sociologique ?
Les formes élémentaires de la vie religieuse (FEVR) est l'ouvrage d'Émile Durkheim le plus commenté au cours des dernières années. À l’occasion du centenaire de sa publication (1912), ce colloque porte sur les cent ans de réception et d'usages des FEVR et se concentre sur le double objet abordé par Durkheim dans ce travail : « la sociologie religieuse et la théorie de la connaissance ». Pour la science des religions, la théorie durkheimienne de la religion n’a cessé d’être débattue. Si la question du totémisme n'occupe plus la place de choix qui lui était dévolue au tournant du 20e siècle et si le matériel ethnographique sur lequel se fonde Durkheim n'est plus celui privilégié par les chercheurs, il n'en reste pas moins que la genèse et la fonction sociales attribuées à la religion par Durkheim restent aujourd'hui encore d’une grande actualité. Sur le plan de la théorie de la connaissance, les arguments durkheimiens inscrivant les catégories de l'entendement et les représentations collectives dans une étude tenant autant compte de la morphologie sociale que de la physiologie sociale sont toujours pertinents et restent au centre des débats qui persistent sous plusieurs formes : naturalisme/constructivisme, réalisme/nominalisme ... Mais, tout comme le soulignait Durkheim il y a cent ans, les préoccupations suscitées par ce double objet débordent leurs domaines spécifiques au profit d’une seule qui les englobe : une théorie de la société. C’est sans doute en cela que les FEVR sont un « centenaire qui vieillit bien »!
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