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La reconstruction identitaire religieuse dans la société « des Autres »

HN

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Hamid Nedjat

Résumé de la communication

Les immigrants venus des pays de traditions fortes, au contact des autres « identités » dans des sociétés laïques et multiculturelles, tendent à se forger une nouvelle identité culturelle et religieuse. Pour cela, un processus de « reconstruction identitaire » se met en marche : il consiste à ré-organiser les marqueurs identitaires d'origine (langue, ethnie, religion, culture) d'une façon nouvelle, en leur donnant de nouvelles consistances. En ce qui concerne la religion,l'on pourrait constater les occurrences suivantes dans les sociétés sécularisées, modernes, et ouvertes à l'immigration, comme c'est le cas du Canada :

1. La religions'acculture : elle s'adapte volontiers à la culture dominante de la société d'accueil, à travers une série de changements significatifs et progressifs de comportement de ses adeptes en ce qui concerne la perception du religieux par rapport à la religion d'origine et ses normes.

2. La religion s'inculture : elle s'installe au sein de la culture d'accueil à travers les manifestations religio-culturelles de ses adeptes, la construction des institutions culturelles et religieuses, les temples et les lieux de prières, etc.

3. La religions'exculture : dans ce sens qu'elle se met en retrait de la culture d'accueil dominante. Ce retrait pourrait être passif et discret, auquel cas au contact de la société moderne elle s'y dilue au fur et à mesure, et n'aura pas de présence manifeste.

Résumé du colloque

Le progrès scientifique prédisait le déclin, voire l’extinction de la religion. Pourtant, elle est d’actualité. Nous envisageons dans le cadre de ce colloque d’explorer les mutations du religieux dues à la migration. D’un côté, des immigrants reçus s’installent aspirant à être acceptés dans leurs identités culturelles, y compris religieuses. De l’autre, des réfugiés, privés des droits de citoyens, cachés du débat public, bien que présents dans la société tentent de préserver leurs pratiques religieuses. En parallèle, une émigration intra-religieuse se développe pour fournir des cadres ecclésiaux, là où ils sont en pénurie.

Comment les croyants issus de toutes les traditions participent-ils à la production de nouvelles catégories identitaires ? Est-ce qu’ils adoptent, rejettent ou négocient la religion ? Sujets citoyens, ils vivent, pour les uns, une « acculturation », c’est-à-dire un changement dans les modèles originaux de pratiques du fait d’un « contact continu et direct » avec des cultures différentes, et pour les autres, une « inculturation », c’est-à-dire l’insertion de leur expérience religieuse dans l’enrichissement de la culture religieuse de la société d’accueil. Au-delà de leur perception par les populations locales, l’installation définitive de ces croyants met en lumière des zones de tension souvent attribuées à un conflit axiologique plutôt qu’à des politiques d’intégration. Or, cette perception d’une opposition de valeurs semble bien illusoire, car il s’agit d’un processus complexe de négociation entre les valeurs d’ici et d’ailleurs, une négociation qui commence avant tout avec une reconnaissance réciproque et une déconstruction des préjugés. Ce colloque permettra de mieux cerner les transformations religieuses dans la perspective d’expériences issues de parcours migratoires particuliers.

Axe 1 – Femmes et religions

Axe 2 – Communautés religieuses et pratiques

Axe 3 – Gestion du religieux

Axe 4 – Questions théoriques

Axe 5 – Diversité religieuse et État

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 9 mai 2012

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