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Joëlle Varin : Université de Montréal
Les élèves dyslexiques (ÉD) éprouvent des difficultés en lecture, mais aussi en écriture (Troia, 2006; Zesiger, 1995). Plus précisément, ils ont du mal à s'approprier l'orthographe (Plisson et al., 2010). Pour orthographier correctement, le scripteur doit développer plusieurs types de connaissances (phonologiques, visuo-orthographiques et morphologiques) et y recourir volontairement, en particulier au moment de la révision du texte (Bryant et al., 2006; Catach, 2005, Cameron et al., 1997). L'objectif de cette présentation est de décrire une étude portant sur la compétence d'élèves dyslexiques du primaire à corriger des erreurs orthographiques. Pour ce faire, nous avons demandé à 32 élèves dyslexiques âgés de 11.5 ans de réviser des phrases qui contenaient ou non des erreurs. Plus précisément, il était demandé 1) de déterminer si la phrase était ou non bien écrite, 2) d'identifier, dans le cas des phrases erronées, les erreurs, 3) de corriger les erreurs et 4) d'expliquer la correction des erreurs. Les élèves dyslexiques ont été appariés à 25 élèves normo-lecteurs du même âge et à 25 élèves normo-lecteurs plus jeunes, mais de même compétence en lecture que les dyslexiques. Les résultats indiquent des différences entre les groupes en fonction 1) de la nature des erreurs à corriger (phonologique, morphologique, visuo-orthographique et lexicale) et 2) du degré de compétence orthographique des participants.
Depuis plusieurs années, le ministère de l'Éducation, des Loisirs et du Sport s'est fixé pour objectif la réussite de tous les élèves (MELS, 2000). L'apprentissage de la langue écrite constitue un enjeu majeur de la réussite académique, sociale et personnelle. Même si l'acquisition de l'orthographe ne représente qu'une partie du processus d'écriture, elle joue non seulement un rôle de premier plan dans la compréhension du français écrit, mais elle représente aussi un facteur de sanction dans l'évaluation de la compétence à l'écrit des élèves. Malgré les nombreux efforts déployés par les différents intervenants scolaires, certains élèves éprouvent des difficultés orthographiques. Ces difficultés peuvent être persistantes ou temporaires. Dans le cas d'élèves atteints d'un trouble spécifique nuisant au développement normal des apprentissages à l'écrit, les élèves dyslexiques, dysorthographiques, sourds ou dysphasiques, par exemple, les difficultés en orthographe sont persistantes (Bourrassa et Treiman, 2003 ; Hoefflin et Franck, 2005 ; Plisson, Berthiaume et Daigle, 2010). Dans le cas d'élèves apprenant le français comme langue seconde, les difficultés en orthographe peuvent être temporaires et seraient liées à la compétence globale des élèves dans la langue cible (Fleuret et Montésinos-Gelet, 2011 ; Koda, 2005). La prise en compte des particularités associées aux populations exceptionnelles est une condition essentielle à la mise en place de pratiques didactiques efficientes et est susceptible de contribuer aux solutions à instaurer pour venir en aide à ces élèves. Ce colloque offrira une plate-forme de diffusion et d'échanges pour les chercheurs, les intervenants et les étudiants qui s'intéressent de près aux difficultés orthographiques d'élèves apprenant le français. Le programme proposé permettra d'obtenir des données scientifiques actuelles, de proposer des pistes d'intervention adaptées aux différentes populations et de définir les besoins en recherche.
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