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Marie-Hélène Ayotte : UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
Dans le domaine des pratiques probantes, il est de plus en plus reconnu que deux questions centrales doivent être abordées. Il importe en effet d'évaluer des programmes d'intervention, mais aussi les processus d'intervention qui les entourent (Cameron & King Keenan, 2010). Il ne s'agit donc pas uniquement d'évaluer « ce qui fonctionne », mais aussi de mieux comprendre « ce qui fait qu'une intervention fonctionne ». Lambert et Barley (2001) estiment qu'au-delà de l'impact que peut avoir un programme donné (environ 15% de la variance expliquée), la qualité de la relation thérapeutique exerce une influence considérable, expliquant environ 30% des changements en cours de traitement. Plus spécifiquement, des méta-analyses rapportent des effets robustes, bien que modérés, de l'alliance entre un jeune et son intervenant (Karver, Handelsman & Bickman, 2006). La présente communication vise à vérifier si la violence agie et la violence subie interfèrent avec l'établissement d'une alliance entre les adolescentes hébergées en Centre jeunesse et leurs éducateurs et éducatrices. Les données sur les antécédents d'agression subies proviennent de la plateforme informationnelle pour le bien-être de l'enfant (PIBE) alors que l'alliance thérapeutique a été évaluée au moyen d'un questionnaire rempli 3 mois après le début du placement de l'adolescente. L'alliance est évaluée à la fois selon les perceptions des adolescentes et celles de leurs éducateurs ou éducatrices désignés.
Les travaux sur les trajectoires des jeunes victimes de maltraitance indiquent que la maltraitance durant l’enfance est un facteur de risque important pour l’adoption de comportements délinquants à l’adolescence. Certains travaux soulignent cependant que la maltraitance n’est pas une condition suffisante pour l’adoption de conduites délinquantes ultérieures. Le lien entre violence subie et violence agie est donc complexe. Plusieurs études prospectives ou rétrospectives se sont attardées à l’étude des facteurs médiateurs de ce lien. À cet égard, les travaux sur le placement des enfants comme médiateur des liens entre maltraitance et comportements délinquants sont équivoques en raison de différences entre les études, notamment quant à la définition de la maltraitance, la nature de la prise en charge ou du placement (p. ex., type, durée, stabilité), la nature prospective ou rétrospective des données, l’âge et le genre des enfants. Par ailleurs, peu de travaux s’attardent aux implications de ces travaux pour le développement d’une intervention pertinente pour ces jeunes. L’objectif du colloque vise donc à comprendre la cooccurrence des problèmes de violence agie et subie chez les jeunes pris en charge dans les centres jeunesse. Bien qu’ils soient référés en vertu de la LPJ ou de la LSJPA, les jeunes qui reçoivent des services en centre jeunesse présentent des trajectoires développementales où se côtoient les problèmes de violence subie et de violence agie. Ce colloque adopte une perspective différentielle selon l’âge et le genre des enfants et a pour objectif de : 1) présenter un portrait de ces jeunes qui vivent des situations concurrentes ou différées de violence subie ou agie en lien avec les services reçus et la récurrence des signalements; 2) présenter l’efficacité différentielle des interventions auprès de jeunes présentant des problématiques comportementales complexes en se centrant sur certaines variables modératrices de l’efficacité des interventions.