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Marie-Claude Thifault : Université d'Ottawa
L'Hôpital Saint-Jean-de-Dieu,
propriété de la communauté religieuse des Sœurs de la Providence, retient
particulièrement l'attention lors de la révolution psychiatrique québécoise et
la Réforme Bédard en 1962. Le rapport déposé par cette importante commission
d'étude des hôpitaux psychiatriques insiste fortement sur le fait que la
volonté des propriétaires de faire reconnaître leur institution asilaire comme
étant un hôpital impliquerait, normalement, une préoccupation du traitement des
malades. Et un problème de toute importance à Saint-Jean-de-Dieu, selon les
enquêteurs, est son personnel professionnel. En fait, les défauts de
Saint-Jean-de-Dieu reposent, à bien des niveaux, semble-t-il, sur
l'incompétence de ses propriétaires et de leur rôle antithérapeutique.
Cette communication examine les
activités thérapeutiques, en particulier celles du nursing, entre 1957 et 1962, soit les cinq années
précédant l'application des recommandations du Rapport Bédard. Nous voulons
évaluer la structure organisationnelle du nursing
et de l'occupation thérapeutique à Saint-Jean-de-Dieu, ainsi que leurs
visées à la fois de réadaptation et de réinsertion sociale. Cette analyse
permettra de révéler l'atmosphère thérapeutique que les Sœurs de la Providence
ont tenté de faire régner dans leur hôpital, malgré l'incontestable manque de
ressources pécuniaires, et de nuancer les propos colligés dans le Rapport Bédard
concernant l'institution psychiatrique Saint-Jean-de-Dieu.
L’historicité des modes d’appréhension et de gestion des problèmes sociaux aux 19e et 20e siècles, au cœur des intérêts de recherche du Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS), a surtout été explorée, depuis plus d’une décennie, sous l’angle des institutions à caractère coercitif. Principalement ancrées sur le territoire montréalais, les recherches historiques développées au sein du CHRS ont par la suite porté sur de nouvelles questions dépassant largement le cadre des institutions d’enfermement de types pénal.
Dans cette perspective, la réponse collective aux défis majeurs posés par les inégalités sociales, génératrices de pauvreté, de maladie, de déviance, a permis à notre équipe d’investir sous de nouveaux angles le vaste champ de la prise en charge d’autrui.
Cette approche plus large des institutions permet alors de s’intéresser à une pluralité de modèles d’organisation sociale tant publics que privés. Elle pousse aussi à s’interroger sur la coexistence possible de plusieurs concepts associés à la question de la prise en charge. Comment en effet concilier le recours à la punition, à la sanction voire au rejet tout en prônant la charité, le service, la solidarité, l’amitié, la responsabilité, la bienveillance ?
Les expériences et les parcours des individus et des groupes définis comme « à risque » et aux prises avec différents modèles de prise en charge au cours des 19e et 20e siècles permettent de poser un regard nouveau sur le « poids » des institutions et sur les réactions possibles des plus vulnérables face au modèle qui leur était imposé.
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