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Agnès Costerg : Université de Sherbrooke
Les enfants sourds rencontrent de grandes difficultés en lecture et en écriture (Allman, 2002; Colin et al. 2007; Hayes et al., 2011; Plisson et al., 2010; Watson, 2002). Leur retard en orthographe s'explique par leur déficit phonologique (Musselman, 2000). Le principal objectif de cette étude est d'étudier la compétence orthographique de façon longitudinale chez les enfants sourds en les comparant à des enfants de même âge chronologique (CA) et de même compétence écrite (CE). Dix-neuf enfants sourds âgés de 11 ans, 20 CA et 17 CE ont été évalués deux fois en une année. Les enfants sourds étaient tous inscrits dans un programme bilingue Langue des signes québécoise-Français. Des textes ont été collectés pour chaque participant et les mots ont été analysés au niveau graphémique. Les résultats indiquent que pour les deux périodes de tests, les habiletés en orthographe des sourds étaient plus faibles que celles des CA, mais meilleures que celles des CE. De plus, alors que les performances des CE s'améliorent avec le temps, les performances des enfants sourds et des CA ne présentent pas d'améliorations. D'autres analyses indiquent que les erreurs des sourds étaient moins acceptables en termes de plausibilité phonologique quand on les comparait aux deux groupes de participants entendants. Ces résultats sont discutés en termes de procédures orthographiques utilisées par les différentes populations. La question de l'importance du traitement non-phonologique est soulevée.
Depuis plusieurs années, le ministère de l'Éducation, des Loisirs et du Sport s'est fixé pour objectif la réussite de tous les élèves (MELS, 2000). L'apprentissage de la langue écrite constitue un enjeu majeur de la réussite académique, sociale et personnelle. Même si l'acquisition de l'orthographe ne représente qu'une partie du processus d'écriture, elle joue non seulement un rôle de premier plan dans la compréhension du français écrit, mais elle représente aussi un facteur de sanction dans l'évaluation de la compétence à l'écrit des élèves. Malgré les nombreux efforts déployés par les différents intervenants scolaires, certains élèves éprouvent des difficultés orthographiques. Ces difficultés peuvent être persistantes ou temporaires. Dans le cas d'élèves atteints d'un trouble spécifique nuisant au développement normal des apprentissages à l'écrit, les élèves dyslexiques, dysorthographiques, sourds ou dysphasiques, par exemple, les difficultés en orthographe sont persistantes (Bourrassa et Treiman, 2003 ; Hoefflin et Franck, 2005 ; Plisson, Berthiaume et Daigle, 2010). Dans le cas d'élèves apprenant le français comme langue seconde, les difficultés en orthographe peuvent être temporaires et seraient liées à la compétence globale des élèves dans la langue cible (Fleuret et Montésinos-Gelet, 2011 ; Koda, 2005). La prise en compte des particularités associées aux populations exceptionnelles est une condition essentielle à la mise en place de pratiques didactiques efficientes et est susceptible de contribuer aux solutions à instaurer pour venir en aide à ces élèves. Ce colloque offrira une plate-forme de diffusion et d'échanges pour les chercheurs, les intervenants et les étudiants qui s'intéressent de près aux difficultés orthographiques d'élèves apprenant le français. Le programme proposé permettra d'obtenir des données scientifiques actuelles, de proposer des pistes d'intervention adaptées aux différentes populations et de définir les besoins en recherche.
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