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Le Pardon de la batellerie : dernier lieu de sociabilité pour le groupe des artisans bateliers

CP

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Charlotte Paul : Université Gustave Eiffel

Résumé de la communication

Les artisans bateliers, en raison du caractère itinérant de leur profession, ont peu l'occasion de rencontrer des individus.Le groupe professionnel des artisans bateliers est doté d'une forte identité culturelle. Certains d'entre eux se réunissent une fois par an lors d'une fête traditionnelle de la profession, appelée « Pardon de la batellerie ». C'est l'occasion pour les bateliers de se mettre en règle avec les pratiques religieuses. Cette manifestation, durant 1 à 3 jours, se déroule dans les villes dites batelières, en général dans le nord de la France. Ce travail met en lumière le dernier espace physique d'échanges des artisans bateliers depuis l'arrêt en 2000 (libéralisation du transport fluvial) de la bourse d'affrètement, principal lieu de rencontres des bateliers. Il s'agit de montrer que cette fête est un véritable vecteur de sociabilité. Elle est fréquentée principalement par des bateliers et c'est bien cet entre-soi qui permet de renforcer leur identité professionnelle et culturelle. En effet, elle est l'occasion avant tout d'échanger des informations de type commercial, de partager les difficultés communes et de transmettre des savoirs pratiques à travers les anecdotes de navigation racontées.

L'entre soi crée également du lien social pour cette profession disséminée sur l'ensemble des voies navigables. Cette manifestation permet aussi la circulation d'informations de type privé et permet de rompre avec un fort isolement social et même familial.

Résumé du colloque

À une époque où les modes de communication technologiques bouleversent les activités tout autant que les façons de transmettre les passions en loisir, où les cloisons étanches entre le temps de travail et de loisir, entre l’espace privé et public s’amenuisent, ce colloque vise à susciter des réflexions sur les modalités de transmission et de circulation des savoirs par et à travers le loisir.

La circulation des savoirs équivaut à parler de la circulation des ressources et des capacités, mais aussi des codes et des règles. En effet, la transmission des savoirs par des activités de loisir met en perspective des liens entre donateurs et donataires à la base de formes de domination et/ou d’émancipation. Les changements dans la transmission des savoirs influenceront donc inévitablement les modes de reproduction ou d'innovation dans le loisir, engendrant tant des ruptures dans les pratiques que créant de nouvelles occasions d’échanges, de socialisation et de mise en commun des connaissances. La circulation des savoirs permet aussi à des intervenants du milieu social ou de la santé, de soutenir des pratiques de loisir possédant une valeur intégrative et renforçant des processus d’insertion et d’empowerment.

La question peut être abordée sous plusieurs angles : rôle de la technologie dans la transmission des savoirs et des passions en loisir, circulation des savoirs et des formes d’émancipation et de reconnaissance, circulation des savoirs entre pratiquants et administrateurs, mise en place d’activités intergénérationnelles, transmission et communautés (famille, groupes de pairs, associations), évolution des modes de socialisation, déplacement des frontières entre les classes, les nations et les individus, loisir et marqueurs identitaires, etc. Le colloque devrait donner lieu à des propositions de transmission des savoirs « pratiques » (ex. les connaissances des personnes engagées dans des activités) autant que des savoirs « savants » (ex. théoriques).

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
manager icon Responsables :
Pascale Marcotte
section icon Date : 9 mai 2012

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