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Sylvie Tardif : Université de Sherbrooke
Avec l'intensification des mouvements migratoires de plus en plus diversifiés sur les plans culturel et religieux entre autres, les citoyens ont des attentes plus variées à l'égard de l'École. Cette dernière reflète-t-elle leurs valeurs ainsi que la vision de l'avenir qu'ils jugent souhaitables pour la collectivité ou simplement pour leurs enfants? Comment prendre en compte l'éthique et la diversité culturelle et religieuse au sein d'une école? Comment concilier l'appropriation par les élèves de toutes origines et en provenance de diverses croyances, d'un ensemble de savoirs générés par l'école et des valeurs démocratiques nécessaires à l'exercice futur de la citoyenneté?
Mon expérience en enseignement du Programme d'Éthique et culture religieuse est dans un milieu multiculturel et multireligieux. Cela me permettait d'entrer en contact avec des migrants et migrantes provenant de diverses croyances. La compétence disciplinaire portant le titre « pratiquer le dialogue » invite les jeunes à trouver un langage et un style permettant de dialoguer avec tous les élèves qu'ils soient chrétiens, musulmans, juifs, hindous ou autres, ainsi contribuer à l'inculturation des multiples croyances. Le but de ce programme n'est pas de remettre Dieu à l'école, mais un enseignement du fait religieux et plus spécifiquement les expressions du religieux. Cette pédagogie est nécessaire dans un monde pluraliste.
Le progrès scientifique prédisait le déclin, voire l’extinction de la religion. Pourtant, elle est d’actualité. Nous envisageons dans le cadre de ce colloque d’explorer les mutations du religieux dues à la migration. D’un côté, des immigrants reçus s’installent aspirant à être acceptés dans leurs identités culturelles, y compris religieuses. De l’autre, des réfugiés, privés des droits de citoyens, cachés du débat public, bien que présents dans la société tentent de préserver leurs pratiques religieuses. En parallèle, une émigration intra-religieuse se développe pour fournir des cadres ecclésiaux, là où ils sont en pénurie.
Comment les croyants issus de toutes les traditions participent-ils à la production de nouvelles catégories identitaires ? Est-ce qu’ils adoptent, rejettent ou négocient la religion ? Sujets citoyens, ils vivent, pour les uns, une « acculturation », c’est-à-dire un changement dans les modèles originaux de pratiques du fait d’un « contact continu et direct » avec des cultures différentes, et pour les autres, une « inculturation », c’est-à-dire l’insertion de leur expérience religieuse dans l’enrichissement de la culture religieuse de la société d’accueil. Au-delà de leur perception par les populations locales, l’installation définitive de ces croyants met en lumière des zones de tension souvent attribuées à un conflit axiologique plutôt qu’à des politiques d’intégration. Or, cette perception d’une opposition de valeurs semble bien illusoire, car il s’agit d’un processus complexe de négociation entre les valeurs d’ici et d’ailleurs, une négociation qui commence avant tout avec une reconnaissance réciproque et une déconstruction des préjugés. Ce colloque permettra de mieux cerner les transformations religieuses dans la perspective d’expériences issues de parcours migratoires particuliers.
Axe 1 – Femmes et religions
Axe 2 – Communautés religieuses et pratiques
Axe 3 – Gestion du religieux
Axe 4 – Questions théoriques
Axe 5 – Diversité religieuse et État
Titre du colloque :