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Les « Enfants Terribles » ont grandi. Passage des générations et renouveau de la fable chez Alain Mabanckou et Kossi Efoui

CS

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Célia Sadai : Sorbonne Université

Résumé de la communication

Convoquer enfance et écriture dans les littératures africaines apparaît comme une tautologie. Des œuvres « classiques » telles L'Enfant noir de Camara Laye (1953), Ethiopiques de L.-S. Senghor (1956) ou L'Aventure ambiguë de C.H. Kane (1961) ont construit une imagerie folklorique et « ethnographique » de l' « enfance africaine », figée en topos littéraire où l'enfant est nécessairement solidaire du clan, de l'ethnie … Jusqu'à l'émergence de « l'enfant-soldat» dans les années 1990. Figure largement diffusée par les reporters de guerre à l'ère de la « solidarité internationale », l'enfant-soldat est un orphelin privé de droits et assujetti comme force militaire. Enfin, Tierno Monénembo rompt avec ce nouvel archétype dans Cinéma (1997) où il renoue avec une vision romantique de l'enfance, qu'une décennie de violence avait évacuée.

Nous nous intéresserons aux manifestations de cette « enfance heureuse » chez Alain Mabanckou et Kossi Efoui. Proclamés « Enfants Terribles de la postcolonie », chargeant les nations despotiques qui les ont « enfantés », ils sont aujourd'hui Passeurs d'une génération et inscrivent le regard de l'enfant au cœur des textes. Défiant des voix d'autorité dogmatiques ou velléitaires, la voix d'enfance est dépositaire de ses propres savoirs, et nourrit une poétique du conte qui joue des pouvoirs de la fable pour porter la virtualité d'un monde trop actualisé. Sous la protection des Passeurs, l'enfant est désormais prédicateur de foi et d'innocence.

Résumé du colloque

Concept dynamique, l’enfance est souvent pensée et repensée du point de vue des adultes au point qu’elle apparaît comme une invention, une construction. Dans l’espace et dans le temps, les conceptions de l’enfance se sont sans cesse renouvelées. Aussi l’histoire de l’enfance peut-elle se décliner en termes d’histoire culturelle. Abordée dans des cadres tels que la sociologie, l’anthropologie et l’éducation, l’enfance fait également l’objet de réflexions poétiques et philosophiques, par exemple, au siècle des Lumières chez des auteurs comme Herder, Novalis, Jean Paul et Tieck. À ce sujet, on peut se référer à l’ouvrage fondamental (paru en allemand, 1989) de Hans-Heino Ewers L’enfance comme forme d’existence poétique. Études relatives à l’émergence de l’utopie romantique autour de l’enfance au 18e siècle. Dans la même perspective, il est à noter que la littérature de jeunesse en Europe peut être comprise comme étant le produit de ces constructions poétiques et philosophiques de l’enfance au siècle des Lumières et du romantisme (Emer O’Sullivan, 2000).

Le contexte contemporain est marqué par de nouvelles représentations de l’enfance. Le statut de l’enfant a radicalement changé. Disposant désormais de divers droits qui le protègent et lui assurent une certaine autonomie, l’enfant devient ainsi un sujet, un acteur dans la vie sociale.

Le colloque se propose d’examiner les enjeux poétiques et esthétiques qu’implique le nouveau statut de l’enfant dans la littérature contemporaine (jeunesse et générale) d’expression française. Les œuvres vont-elles au-delà de la réalité de l’enfance, pour en proposer par exemple une nouvelle utopie ? Il s’agira d’appréhender les stratégies d’écriture mises en œuvre pour construire une poétique de l’enfance. On pourra étendre la réflexion au cinéma. Ce dernier porte-t-il un regard poétique sur l’enfance ?

Axes possibles : l’imaginaire enfantin, réflexions d’ordre théorique et philosophique, l’enfance heureuse, l’enfance comme utopie

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 9 mai 2012

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