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Marcelo Otero : UQAM - Université du Québec à Montréal
La législation actuelle sur la protection des
personnes dont l'état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui
(Loi P.38) redéfinit les règles, les pouvoirs et la procédure d'internement
civil qui liaient dans un même geste la garde, l'évaluation et le traitement.
Puisque la loi en vigueur n'autorise plus le traitement psychiatrique contre le
gré des personnes évaluées comme «dangereuses» ou «étant en danger», d'autres
instruments légaux doivent alors être mobilisés, à savoir : les autorisations
judiciaires de soins (AJS). Comment fonctionne-t-il ce dispositif
jurico-psychiatrique et quels sont les droits et pouvoirs des parties
concernées ? Qui sont les personnes touchées par les AJS et quelle est leur
situation sociale ? Quels problèmes éprouvent ou leur sont reprochés ? Quels
diagnostics sont posés par les psychiatres et quels traitements sont
judiciairement ordonnés par la Cour ? En fonction d'une recherche portant sur
la totalité des demandes d'ASJ à Montréal en 2009, nous répondrons à ces
questions afin de mieux comprendre l'imbrication entre problèmes sociaux et
problèmes de santé mentale des «intraitables» contemporains.
L’historicité des modes d’appréhension et de gestion des problèmes sociaux aux 19e et 20e siècles, au cœur des intérêts de recherche du Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS), a surtout été explorée, depuis plus d’une décennie, sous l’angle des institutions à caractère coercitif. Principalement ancrées sur le territoire montréalais, les recherches historiques développées au sein du CHRS ont par la suite porté sur de nouvelles questions dépassant largement le cadre des institutions d’enfermement de types pénal.
Dans cette perspective, la réponse collective aux défis majeurs posés par les inégalités sociales, génératrices de pauvreté, de maladie, de déviance, a permis à notre équipe d’investir sous de nouveaux angles le vaste champ de la prise en charge d’autrui.
Cette approche plus large des institutions permet alors de s’intéresser à une pluralité de modèles d’organisation sociale tant publics que privés. Elle pousse aussi à s’interroger sur la coexistence possible de plusieurs concepts associés à la question de la prise en charge. Comment en effet concilier le recours à la punition, à la sanction voire au rejet tout en prônant la charité, le service, la solidarité, l’amitié, la responsabilité, la bienveillance ?
Les expériences et les parcours des individus et des groupes définis comme « à risque » et aux prises avec différents modèles de prise en charge au cours des 19e et 20e siècles permettent de poser un regard nouveau sur le « poids » des institutions et sur les réactions possibles des plus vulnérables face au modèle qui leur était imposé.
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