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Ludvina Colbeau-Justin : Université de Nîmes
La tempête Xynthia en 2010 est loin d'être un événement isolé dans l'histoire des côtes atlantiques. Un oubli s'est opéré dans la mémoire collective et opérationnalisé dans l'aménagement du territoire, même si, ponctuellement, subsiste une vigilance dans les pratiques du territoire de certains groupes sociaux .
Nous analysons le processus de mise en mémoire et d'oubli du phénomène Xynthia et les modalités d'ancrage de la catastrophe dans le territoire et lieux de vie. Une enquête menée en 2011 auprès de décideurs et d'habitants de différentes villes sinistrées a conduit à l'identification des dimensions psychologiques et sociologiques permettant de concourir à une mémoire utile.
En fonction des caractéristiques nocturnes, des modalités de mise en vigilance et du vécu individuel et social de la catastrophe, la réponse de la société conditionne la possibilité
d'inscription de Xynthia dans la mémoire collective et dans les usages territoriaux..
Il s'agit d'intégrer l'identité locale d'une population, en contraste avec les risques construits dans la logique commune de leur gestion. Perceptions et représentations dépendent d'une relation de pouvoir qui peut rendre problématique l'acceptation du souvenir d'une catastrophe et de ses conséquences dans le lieu de vie habituel. Le souci de mémoire est fort. Des préférences de modalités de communication et de sensibilisation ont été identifiées et soulignent le besoin d'une appropriation et d'une mise à distance de la catastrophe.
Les gestionnaires des risques naturels le savent depuis longtemps : le risque zéro n’existe pas. Nous vivons dans une société où le risque est omniprésent. Néanmoins, ce constat ne peut être considéré sous l’angle de la fatalité mais plutôt comme une opportunité pour une meilleure gestion des risques naturels.
S’il y a un avantage à tirer des sinistres qui affectent nos sociétés, c’est certainement à propos des mesures à prendre pour mieux prévenir le risque et, aussi, au regard de la gestion de la crise si celle-ci devait se reproduire. Au Québec, la première loi sur la protection civile date de 1951 et consistait en la mise en place de « plans d’évacuation et de réintégration de la population des villes dévastées par une guerre atomique, biologique, chimique ou nucléaire ». En 1964, la loi a été modifiée pour tenir compte aussi des sinistres en temps de paix, dont les risques naturels. La crise du verglas de 1998 a été l’occasion pour mettre en place la loi sur la sécurité civile en 2001.
Les catastrophes servent alors de point de départ à une amélioration de la réglementation en matière de gestion des risques naturels. Elles apportent de nouveaux enseignements sur l’intensité de l’aléa en amont, voire son occurrence et, dans certains cas, identifient de nouvelles zones à risque. Ce cadre réglementaire qui régit la sécurité des individus et de leurs biens est donc appelé à être constamment mis à jour. Comment évaluer la politique québécoise de sécurité civile dix ans après sa promulgation?
Ces aspects sont d’autant plus importants que les risques ont un coût considérable que nous ne sommes pas encore en mesure d’évaluer. Il est néanmoins essentiel de considérer différentes alternatives pour atténuer au maximum ces coûts par des politiques de prévention appropriées.
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