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Émilie Paquin : Érudit
Il s'agira, dans cette communication, de réfléchir aux implications des différents modèles économiques de la diffusion en accès libre de documents scientifiques par les bibliothèques numériques. Un portrait des principales formules de financement des publications en accès libre sera dressé, qui nous permettra de revenir sur la philosophie sous-jacente au principe de la barrière mobile, mise en place au milieu des années 2000 par la plateforme Érudit et plusieurs autres structures de diffusion à vocation semblable. Nous nous demanderons si cette solution hybride, qui semblait présenter le double avantage de permettre un financement adéquat et indépendant de structures éditoriales souvent fragiles, sans limiter l'accès aux ressources diffusées au-delà de quelques années d'embargo, reste valide alors que des formules de type Freemium ou de type auteur payeur gagnent en importance et en popularité. Nous tenterons, ce faisant, de cerner les principaux enjeux liés aux différents modèles économiques développés au cours des dernières années par les bibliothèques numériques d'ici et d'ailleurs, en gardant à l'esprit l'impact considérable des modèles économiques soutenant l'accès libre, non seulement sur la libre circulation des résultats de la recherche, mais aussi sur la recherche elle-même, sur les domaines qu'elle défriche et sur l'indépendance avec laquelle elle est conduite.
Les bibliothèques numériques représentent un secteur d’activités et de recherche actif depuis une quinzaine d’années. Né de l’informatique, il en dépasse les frontières : il vise les systèmes contenant des collections de ressources numériques (textes, images, vidéos...) avec les services assurés aux utilisateurs sur la base de politiques définies. Si le volet technologique a prédominé dans les débuts des travaux de recherche et de développement, ce domaine d’étude est aujourd'hui véritablement multidisciplinaire et interpelle les chercheurs en sciences de l’information (bibliothéconomie et archivistique), en muséologie, en informatique, en traitement automatique de la langue (sur le contenu textuel) ou en droit (sur les droits d’auteur relatifs à la diffusion); à ceux-ci s’ajoutent tous les champs d’application qui bénéficient de la mise sur pied d’une bibliothèque numérique spécialisée.
Des exemples de bibliothèques numériques incluent les suivantes : Érudit (« Portail canadien de revues, de dépôt d'articles et d'ouvrages électroniques »); Europeana (contenant « les ressources numériques des musées, des bibliothèques, des archives et des collections audiovisuelles européennes »); le projet Gutenberg (collection de livres numérisés); le Musée virtuel de la Nouvelle-France; Synergies (plateforme de diffusion et de résultats de la recherche en sciences humaines et sociales publiés au Canada); The Internet Archive; le Google Art Project. Il en existe des centaines, sinon des milliers d’autres.
Les bibliothèques numériques ont des aspects technologiques et sociaux intimement reliés : la technologie développée vise à faciliter le repérage de sources d’information et l’accès à celles-ci dans le but de mieux servir ses utilisateurs. Mais plusieurs questions restent en suspens, dont les enjeux juridiques de la diffusion, la technologie utile à déployer, les politiques à établir et les modèles économiques à développer. C'est ce que ce colloque vise à explorer.
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