Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Noémia Ruberto : UQO - Université du Québec en Outaouais
Le développement de la compétence orthographique est une tâche très difficile pour les élèves dyslexiques (Malatesha, Joshi et Aaron, 2007). Ceux-ci éprouvent des difficultés à développer des capacités de traitement des mots écrits en dehors de tout contexte (Sprenger-Charolles et Colé, 2003). Orthographier une langue telle que le français implique la considération des connaissances de type phonologique, visuo-orthographique et morphologique (Plisson, Berthiaume, & Daigle, 2010). Tardif (1992) rapporte que pour utiliser efficacement les connaissances acquises, l'élève doit développer des stratégies qui lui permettront de poser les actions appropriées dans les tâches à réaliser. Au Québec, peu d'études se sont intéressées à la compétence orthographique d'élèves dyslexiques, mais encore moins du point de vue des stratégies de production orthographique auxquelles les élèves ont recours. L'objectif de cette présentation est de rapporter une étude menée auprès de 32 élèves dyslexiques âgés de 11,5 ans. Les élèves devaient orthographier 24 mots sous dictée et commenter, pour chaque mot, les stratégies employées. Les performances des dyslexiques ont été comparées à celles d'un groupe d'élèves normo-scripteurs de même âge chronologique (n:25; 11,43 ans) et à celles d'un groupe d'élèves normo-scripteurs de même compétence écrite (n:25; 9,9 ans). Les résultats montrent des différences intergroupes en fonction des types de stratégies utilisées et des propriétés des mots dictés.
Depuis plusieurs années, le ministère de l'Éducation, des Loisirs et du Sport s'est fixé pour objectif la réussite de tous les élèves (MELS, 2000). L'apprentissage de la langue écrite constitue un enjeu majeur de la réussite académique, sociale et personnelle. Même si l'acquisition de l'orthographe ne représente qu'une partie du processus d'écriture, elle joue non seulement un rôle de premier plan dans la compréhension du français écrit, mais elle représente aussi un facteur de sanction dans l'évaluation de la compétence à l'écrit des élèves. Malgré les nombreux efforts déployés par les différents intervenants scolaires, certains élèves éprouvent des difficultés orthographiques. Ces difficultés peuvent être persistantes ou temporaires. Dans le cas d'élèves atteints d'un trouble spécifique nuisant au développement normal des apprentissages à l'écrit, les élèves dyslexiques, dysorthographiques, sourds ou dysphasiques, par exemple, les difficultés en orthographe sont persistantes (Bourrassa et Treiman, 2003 ; Hoefflin et Franck, 2005 ; Plisson, Berthiaume et Daigle, 2010). Dans le cas d'élèves apprenant le français comme langue seconde, les difficultés en orthographe peuvent être temporaires et seraient liées à la compétence globale des élèves dans la langue cible (Fleuret et Montésinos-Gelet, 2011 ; Koda, 2005). La prise en compte des particularités associées aux populations exceptionnelles est une condition essentielle à la mise en place de pratiques didactiques efficientes et est susceptible de contribuer aux solutions à instaurer pour venir en aide à ces élèves. Ce colloque offrira une plate-forme de diffusion et d'échanges pour les chercheurs, les intervenants et les étudiants qui s'intéressent de près aux difficultés orthographiques d'élèves apprenant le français. Le programme proposé permettra d'obtenir des données scientifiques actuelles, de proposer des pistes d'intervention adaptées aux différentes populations et de définir les besoins en recherche.
Titre du colloque :
Thème du colloque :