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Nathalie Chapleau : UQAM - Université du Québec à Montréal
Pour l'élève présentant une dyslexie-dysorthographie, la réussite des activités nécessitant l'utilisation de la lecture-écriture est perturbée. En effet, pour cet élève, l'identification et la production des mots écrits, de manière précise et automatisée, sont ardues. Des problèmes dans le codage phonologique sont à l'origine de ces difficultés (Casalis et coll., 2003). Lors d'une étude réalisée en contexte d'intervention orthopédagogique, un programme d'interventions rééducatives centré sur la structure morphologique des mots écrits a été expérimenté auprès d'élèves âgés de 10 à 12 ans présentant une difficulté spécifique de lecture-écriture. Les mesures prises lors de l'expérimentation ont permis de relever les traitements cognitifs privilégiés pour produire les mots. Dans le cadre de cette communication, l'influence des interventions proposées dans le programme de rééducation sera démontrée par une analyse des productions de mots effectuée en regard d'un modèle cognitiviste et interactif de traitement de l'information (Seymour, 2008).
Depuis plusieurs années, le ministère de l'Éducation, des Loisirs et du Sport s'est fixé pour objectif la réussite de tous les élèves (MELS, 2000). L'apprentissage de la langue écrite constitue un enjeu majeur de la réussite académique, sociale et personnelle. Même si l'acquisition de l'orthographe ne représente qu'une partie du processus d'écriture, elle joue non seulement un rôle de premier plan dans la compréhension du français écrit, mais elle représente aussi un facteur de sanction dans l'évaluation de la compétence à l'écrit des élèves. Malgré les nombreux efforts déployés par les différents intervenants scolaires, certains élèves éprouvent des difficultés orthographiques. Ces difficultés peuvent être persistantes ou temporaires. Dans le cas d'élèves atteints d'un trouble spécifique nuisant au développement normal des apprentissages à l'écrit, les élèves dyslexiques, dysorthographiques, sourds ou dysphasiques, par exemple, les difficultés en orthographe sont persistantes (Bourrassa et Treiman, 2003 ; Hoefflin et Franck, 2005 ; Plisson, Berthiaume et Daigle, 2010). Dans le cas d'élèves apprenant le français comme langue seconde, les difficultés en orthographe peuvent être temporaires et seraient liées à la compétence globale des élèves dans la langue cible (Fleuret et Montésinos-Gelet, 2011 ; Koda, 2005). La prise en compte des particularités associées aux populations exceptionnelles est une condition essentielle à la mise en place de pratiques didactiques efficientes et est susceptible de contribuer aux solutions à instaurer pour venir en aide à ces élèves. Ce colloque offrira une plate-forme de diffusion et d'échanges pour les chercheurs, les intervenants et les étudiants qui s'intéressent de près aux difficultés orthographiques d'élèves apprenant le français. Le programme proposé permettra d'obtenir des données scientifiques actuelles, de proposer des pistes d'intervention adaptées aux différentes populations et de définir les besoins en recherche.
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