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Mayté Banzo : Université de Bordeaux
Le terme « espace ouvert » s'affirme aujourd'hui en Europe, alors qu'il est délaissé en Amérique du nord. Nous proposons de montrer que cette affirmation résulte du regain d'intérêt pour la matérialité de l'espace urbain et de l'inadaptation des termes fréquemment utilisés (nature, campagne, paysage) pour la caractériser. Elle s'exprime à travers trois principaux aspects :
1- La matérialité est imposée par la forme étalée de la ville contemporaine générant l'imbrication d'espaces bâtis et non bâtis. La multiplication des oxymores (ville-nature, ville-campagne, etc.) cherche à traduire cette réalité sans totalement abandonner les références à la ville et à la non-ville. L'usage du terme espace ouvert permet de dépasser les frontières de l'urbain et du rural en assumant la prédominance de l'urbanité.
2- Le terme « espace ouvert » émane de la pensée urbanistique. Trois figures jalonnent son processus de construction : le parc urbain, le panorama et l'infrastructure verte. Cette dernière figure acquière une nouvelle dimension, dans le contexte de l'injonction à la durabilité et le mouvement d'écologisation, qui donne un nouveau poids à la matérialité et aux propriétés physiques des espaces ouverts.
3- L'espace ouvert fait référence à la matérialité du foncier ; principale dimension à laquelle se confronte tout projet territorial. Elle impose de comprendre la diversité des fonctions, usages et statuts d'un espace et suscite la collaboration d'acteurs diversifiés.
La thématique retenue pour cette proposition de colloque concerne le traitement technique et politique des espaces ouverts des agglomérations urbaines. Il est ici question de l’ensemble des espaces non bâtis situés en périphérie proche ou lointaine des agglomérations, mais dont les fonctionnalités, les modalités de gestion et le devenir à court et moyen termes dépendent des acteurs parties prenantes des dynamiques métropolitaines. L’usage des ressources, notamment celles relatives au sol, la maîtrise de l’étalement urbain, la préservation des espaces agricoles, forestiers et des réservoirs de biodiversité, la sécurité alimentaire pour des populations de plus en plus urbaines sont autant de défis à relever durant ce millénaire. Si ces questions intéressent les milieux académiques depuis quelques décennies, elles pénètrent petit à petit la sphère publique à travers les questions d’aménagement et de développement local.
D’un point de vue plus systémique, il faut tenir compte que le devenir des espaces ouverts et leur contribution au développement soutenable des régions métropolitaines sont de plus en plus liés à leur intégration dans les processus de globalisation. Les conséquences de cette intégration s’expriment en termes de restructuration socioéconomique et de reconfiguration des systèmes d’acteurs autour de questions communes ayant souvent trait à la montée des incertitudes et des interdépendances. Autant de questions vives que nous proposons d’articuler autour de trois points convergents : 1) Comment les enjeux de préservation des espaces ouverts métropolitains questionnent-ils les politiques alimentaires et agricoles des métropoles? 2) Comment la gestion de la biodiversité des espaces ouverts est-elle conçue et rapproche-t-elle mondes techniques et politiques? 3) Comment les acteurs responsables de la gouvernance métropolitaine construisent-ils la question éminemment politique de la gestion des espaces ouverts?
Titre du colloque :