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Frédérik Lesage : Simon Fraser University
L'objectif de cette communication est d'élaborer un cadre conceptuel pour l'analyse du design de logiciel dans le contexte de disciplines artistiques numériques. Au lieu d'explorer comment les artistes utilisent des logiciels pour créer ou distribuer leurs œuvres, cette réflexion porte plutôt sur les projets artistiques collaboratifs où le design de logiciel constitue une composante essentielle des œuvres. Certaines investigations dans ce domaine misent sur une interprétation instrumentaliste du processus d'échange de connaissances entre artistes, experts en informatique, et leurs publics (Biswas 2008). Alternativement, nous pouvons interpréter ces échanges en tant que « productions interdisciplinaires » (Barry, Born, Weszkalnys 2008) où des logiques hétérogènes mais interdépendantes sont mobilisées dans le processus de design afin d'effectuer une « transformation ontologique des objets et de leurs rapports ». Afin de démontrer comment appliquer ce cadre conceptuel, cette communication se concentre sur « l'extensibilité » (« scalability ») en tant que logique dominante pour la discipline du design de logiciels sur le Web et sur la façon dont cette logique marche à l'encontre de la logique ontologique de pratiques artistiques contemporaines.
Depuis plusieurs années, les nouvelles technologies diversifient l’accès aux arts et à la culture. Elles peuvent avoir un effet cumulatif sur l’offre culturelle et favoriser la consommation des groupes déjà fortement dotés en capital culturel. Elles peuvent aussi contribuer à la spécialisation des publics. À cela s’ajoute l’effet de la composition démographique des sociétés occidentales qui comptent désormais des groupes issus de différentes communautés ethnoculturelles et linguistiques. On assiste, en effet, à la multiplication des réseaux dans lesquels des communautés de goûts réunies autour de certains produits culturels valident leurs choix et légitiment leurs pratiques culturelles. Comment interpréter le rôle traditionnel des pairs dans la transmission des goûts pour la culture dans ce contexte ? Les nouvelles technologies génèrent-elles systématiquement de nouveaux publics ? Comment les processus de médiation culturelle s’en trouvent affectés ? Ces questions invitent également à repenser à la proximité de l’artiste et de son public, au poids des industries culturelles et de la création indépendante dans cette nouvelle donne, aux objectifs de démocratisation et de démocraties culturelles des administrations publiques, mais aussi aux liens entre des référents culturels transmis par ces nouvelles pratiques et leur impact sur l’identité collective dans un espace sociopolitique donné. Ce colloque propose donc d’examiner les transformations des pratiques culturelles liées aux technologies numériques et leurs conséquences sur les différents acteurs des arts et de la culture.
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