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L'illusion identitaire : problématisation du concept « d'identité », de « religion » et de « culture »

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Jérôme Pilon : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Ces 3 concepts, c'est-à-dire « l'identité », la « religion » et la « culture » semblent aller de soi dans de nombreuses analyses. Mais le sont-ils vraiment ? L'évidence de ces concepts crée en apparence des « objets » facilement observables et délimitables. Une analyse discursive révèle qu'ils sont davantage une illusion discursive qu'une réalité concrète. Une remise en question des concepts « d'identité », « de culture » et « de religion » révèle une généalogie liée à la culture occidentale, et non une « objectivité ». De plus, l'illusion d'un phénomène homogène dénommé « culture » ou « religion » fait fi de l'hétérogénéité et de la complexité de la réalité.

En ce qui concerne le concept « d'identité », sa généalogie démontre une complicité avec l'ontologie et la métaphysique, c'est-à-dire la philosophie. Celle-ci délimite et circonscrit le concept même « d'identité ». Ce concept est intrinsèque au discours occidental. Le tout devient davantage problématique lorsque, juxtaposé aux concepts de « religion » et de « culture » deux autres concepts intrinsèques au discours occidental –, ce discours prétend circonscrire et problématiser des enjeux « objectivement » réels. Ainsi, l'articulation de ces trois « entités » sera inévitablement légiférée et déployé par un discours philosophique occidental. Toutes problématisations ayant recours à ces trois entités sera circonscrite et délimitée à certaines variations toujours déjà inscrite dans un discours philosophique occidental.

Résumé du colloque

Le progrès scientifique prédisait le déclin, voire l’extinction de la religion. Pourtant, elle est d’actualité. Nous envisageons dans le cadre de ce colloque d’explorer les mutations du religieux dues à la migration. D’un côté, des immigrants reçus s’installent aspirant à être acceptés dans leurs identités culturelles, y compris religieuses. De l’autre, des réfugiés, privés des droits de citoyens, cachés du débat public, bien que présents dans la société tentent de préserver leurs pratiques religieuses. En parallèle, une émigration intra-religieuse se développe pour fournir des cadres ecclésiaux, là où ils sont en pénurie.

Comment les croyants issus de toutes les traditions participent-ils à la production de nouvelles catégories identitaires ? Est-ce qu’ils adoptent, rejettent ou négocient la religion ? Sujets citoyens, ils vivent, pour les uns, une « acculturation », c’est-à-dire un changement dans les modèles originaux de pratiques du fait d’un « contact continu et direct » avec des cultures différentes, et pour les autres, une « inculturation », c’est-à-dire l’insertion de leur expérience religieuse dans l’enrichissement de la culture religieuse de la société d’accueil. Au-delà de leur perception par les populations locales, l’installation définitive de ces croyants met en lumière des zones de tension souvent attribuées à un conflit axiologique plutôt qu’à des politiques d’intégration. Or, cette perception d’une opposition de valeurs semble bien illusoire, car il s’agit d’un processus complexe de négociation entre les valeurs d’ici et d’ailleurs, une négociation qui commence avant tout avec une reconnaissance réciproque et une déconstruction des préjugés. Ce colloque permettra de mieux cerner les transformations religieuses dans la perspective d’expériences issues de parcours migratoires particuliers.

Axe 1 – Femmes et religions

Axe 2 – Communautés religieuses et pratiques

Axe 3 – Gestion du religieux

Axe 4 – Questions théoriques

Axe 5 – Diversité religieuse et État

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 9 mai 2012

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