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Marie-Josée Kirouac : CSPN - Commission scolaire Pierre-Neveu
La complexité de la différenciation pédagogique et de sa pratique en salle de classe est souvent mise en évidence. Au secondaire, plusieurs situations problématiques liées, entre autres, à l'organisation scolaire et au curriculum semblent compliquer davantage son intégration et sa mise en œuvre. Pour ceux et celles qui choisissent tout de même une pratique de différenciation pédagogique, comment y arrivent-ils et quels sont les impacts sur leur travail au quotidien?
Pour tenter de répondre à ces questions, des entrevues ont été menées auprès de trois enseignantes œuvrant au premier cycle du secondaire au sein d'une même commission scolaire et ce, à partir des facteurs régissant le travail «curriculaire» des enseignants tels que décrits par Tardif et Lessard (1999). L'analyse de leur discours a permis non seulement de mieux comprendre l'intégration et la mise œuvre de la différenciation pédagogique chez les enseignants du secondaire, mais il a été possible, aussi, de dégager certains facteurs facilitant et limitant ce choix pédagogique. Il a été montré, par ailleurs, comment la pratique de la différenciation pédagogique est envisageable au secondaire et comment elle peut devenir une source de motivation professionnelle.
Bien qu’il n’existe pas de consensus sur la façon de définir le concept, la différenciation pédagogique implique souvent d’adapter son enseignement (méthodes, ressources, approches, etc.) pour répondre aux besoins diversifiés des élèves. Prenant appui sur la compréhension actuelle des processus d’apprentissage, d’aucuns s’entendent pour dire qu’il ne s’agit pas d’individualiser l’enseignement, mais plutôt d’ajuster les cheminements d’apprentissage aux besoins et particularités des élèves, en s’assurant de ne jamais perdre de vue le groupe. Globalement, la différenciation pédagogique vise à favoriser la réussite de tous les élèves, pour leur permettre de se développer d’une manière optimale. Même si les intentions et finalités qu’on attribue à la différenciation semblent faire l’unanimité, force est de constater que dans la pratique, sa définition est empreinte d’une grande confusion, son opérationnalisation demeure complexe et elle se heurte à de nombreux défis et résistances. Ce constat illustre l’importance de se pencher sur ces questions et de trouver des moyens de clarifier le concept et de faciliter son intégration à l’école. Il nous apparaît également primordial de faire un état des lieux de l’étude de la différenciation pédagogique et d’identifier des angles d’investigation pertinents pour les recherches à venir.