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Sonia Chardonnel
Promouvoir des alternatives aux déplacements automobiles, tel est l'enjeu des politiques de transport qu'affichent les agglomérations et les métropoles occidentales. Nombre de dispositifs innovants sont ainsi offerts aux individus dont les pratiques spatiales et les comportements de mobilité peinent cependant à muter massivement vers des choix répondant aux critères de la durabilité. Cette offre variée et renouvelée ne saurait donc suffire si elle n'est, entre autre, accompagnée d'outils d'observation qui caractérisent tout autant les flux de déplacements que ce qui les motivent, à savoir les programmes d'activités des individus. Comprendre les conditions dans lesquelles les individus organisent et structurent leur mobilité peut contribuer à produire des diagnostics pertinents pour guider les transformations des espaces urbains et de leurs usages. En nous inscrivant dans une approche de la mobilité basée sur la demande en activités quotidiennes, nous discuterons dans un premier temps, l'apport de méthodes d'observation et d'analyses des emplois du temps et de la mobilité de populations de villes françaises. Dans un second temps, nous montrerons comment ces typologies peuvent être utilisées de manière générique dans un modèle de simulation de mobilité intra-urbaine voué à estimer les effets d'un changement des conditions de déplacements sur l'accessibilité et plus particulièrement sur la réalisation des programmes d'activités des individus.
À travers les concepts de dynamiques urbaines et de diversification des comportements de mobilité, le colloque proposé vise à faire le point sur les liens à court et moyen termes qui relient les pulsations de la ville et la rémanence de l’étalement urbain, dans un contexte où les villes doivent innover pour viser le développement durable. Par exemple, depuis quelques décennies, on voit émerger des formes de mobilité qui offrent des alternatives à l’automobile : covoiturage, autopartage, transport à la demande, etc. Pourtant, les processus de périurbanisation et d’étalement urbain observés depuis le milieu du 20esiècle caractérisent encore les villes occidentales et il ne semble pas y avoir d’évidence de ralentissement. Dans quelle mesure la mobilité individuelle permet-elle de prévoir les transformations de la ville? Est-ce que l’émergence de nouveaux comportements de mobilité contribuera aussi à transformer la ville? Quel est le potentiel de diffusion de ces comportements émergents liés aux innovations en transports actifs et alternatifs? Quel est l’impact du redéploiement des activités commerciales sur les mobilités quotidiennes et hebdomadaires? Va-t-on dans le sens du développement durable? Comment l’étalement urbain a-t-il évolué depuis 20 ans et quelles sont les perspectives d’avenir? Pour ce colloque, nous considérons deux échelles spatio-temporelles. D’une part, celle du court terme et de l’espace urbain pour étudier certains comportements émergents de mobilité quotidienne en lien avec les caractéristiques socio-économiques des citadins, leur accès aux marchés de l’emploi et de la consommation, la réduction des nuisances environnementales et des coûts, ainsi que les effets sur la qualité des milieux de vie et la santé des populations. D’autre part, l’échelle du long terme dans l’espace régional urbain pour étudier le lien entre l’accès au marché résidentiel, l’étalement urbain, la pression sur l’environnement et la qualité des milieux de vie.
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