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Performativité organisationnelle des outils d'agencement territoriaux : vers une intelligence territoriale à base d'engagements?

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Eddie Soulier : Université de technologie de Troyes

Résumé de la communication

Les objets techniques organisent les relations et les interactions sociales. Ils agissent sur l'organisation et sont réflexivement transformés par elle en suscitant l'engagement des acteurs. Ainsi, dès lors que les outils numériques d'aide à la constitution de nos agencements territoriaux quittent le strict sol de la géographie pour d'une part prendre liberté dynamique (« agencement » s'entend désormais comme performatif et s'émancipe de sa subordination aux objets d'application préalablement déclarés), et d'autre part risquer leur homogénéité au métissage des concepts et des symboles (l'agencement territorial se fait intelligence territoriale), la question des préalables de l'activité d'agencement comme constituante de notre environnement se pose. L'idéal serait de quitter enfin la topologie tridimensionnelle qui régissait la disposition de nos impénétrables pour oser penser nos territoires comme dynamique de pavage multidimensionnel, les dimensions de l'espace et des pavés s'organisant pour harmoniser les pavages et rendre compte des connaissances en jeu et des significations en interaction. Il apparaît que les engagements des participants sont les véritables ressources du processus d'organisation du pavage.

Résumé du colloque

La communication des organisations, telle que développée à partir des théories des actes de langage ou de la pragmatique, est une production langagière voire discursive (Taylor et Van Every, 2000 ; Gramaccia, 2001) qui est rendue possible par l’engagement de ses interlocuteurs (Searle, 1972 ; Winograd, 1988).

Cet engagement est une des conditions de l’interaction et de la réalisation des effets perlocutoires qui permet à un acteur ou locuteur d’amener un interlocuteur à agir. Nous retrouvons cette notion dans ce que Mead (1934) appelle l’action conjointe. Pour lui, l’homme est un acteur capable de transformer sa relation au monde. Il y a deux formes d’interaction sociale : l’interaction non symbolique et symbolique. Dans l’action conjointe, l’interaction symbolique prévaut car les différents acteurs de l’interaction interprètent les gestes et actes de l’autre de façon symbolique. Elle implique l'interprétation des actions de l'autre et les indications sur la façon dont l’autre personne doit agir (Mead, 1934). Nous parlons donc d’action conjointe, ou d’engagement de la part de chacun des interlocuteurs pour comprendre et interpréter les actes d’autrui. L’action conjointe est une forme collective de l’action, où les participants adaptent leurs propres actes à ceux en cours et guident ainsi l’autre dans sa manière de (ré)agir (Mead,1934).

Ainsi, l’action peut être une adaptation à la nature de la relation entre acteurs. Mais la théorie des actes de langage ne nous informe pas sur la façon dont se développe et se maintient la relation. Cela nous semble pourtant essentiel pour comprendre la formation de l’effet perlocutoire. Car si la force illocutoire et la performativité sont des concepts qui ont été largement repris, les modalités de l’engagement qui en permettent la portée heuristique méritent encore d’être développées.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 9 mai 2012

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