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Yves De Champlain : UQAM - Université du Québec à Montréal
Le projet d'un réseau franco-canadien des histoires de vie est né d'une triple rencontre entre l'Alberta, le Nouveau-Brunswick et le Québec. Au-delà de cette rencontre, il s'agit avant tout d'un projet d'ouverture. Ouverture à une multitude de pratiques vivantes et métissées dans lesquelles la recherche, la formation et l'intervention se croisent sans qu'on puisse en tout temps les distinguer clairement. Il s'agit d'un projet transdisciplinaire de construction de sens (Pineau, 2005). Les enjeux sont de taille : une pratique marginale dans des communautés minoritaires éparpillées sur un vaste territoire. Mais la pratique de l'histoire de vie semble trouver un terreau fertile dans ces communautés attachées à leurs racines et devant constamment affirmer leur identité face à une incontournable altérité (Landry et al., 2010). L'histoire de vie en recherche-formation débute avec le nécessaire travail de gravure de mémoires et de mise en relief de la culture. Le réseau canadien des histoires de vie se veut un lieu d'articulation de ces gravures et reliefs.
L’histoire de vie est une méthodologie de recherche formation instaurée par Gaston Pineau (1983). Cette pratique s’est d’abord développée au sein de la francophonie au cours des années 1980, en Espagne (1999), puis en Allemagne, en Suède, en Amérique latine et au Japon, où des groupes de diverses appartenances culturelles ont formé des réseaux pour diffuser et soutenir cette pratique et pour explorer les enjeux propres à leur culture. L’histoire de vie s’est aussi développée au sein de diverses communautés francophones canadiennes, chacune ayant des enjeux propres à sa culture et à sa situation géographique. L’objectif d’un réseau franco-canadien pour les histoires de vie est la mise en commun de ces diverses expériences pour une reconnaissance réciproque des multiples enjeux liés à chacune de ces cultures minoritaires ainsi que pour l’affirmation de son identité culturelle.
Certains des enjeux auxquels doit faire face le réseau sont propres aux situations minoritaires canadiennes. D’une part, retrouve plusieurs petites communautés isolées les unes des autres par de grandes distances. La question identitaire constitue également un enjeu central pour ces communautés, à la fois comme lien d’appartenance et, bien souvent, comme condition même d’existence (Landry, 2010). Les pratiques d’histoires de vie en situation minoritaire sont en mesure d’analyser et d’accompagner les processus de construction identitaire individuels, communautaires, transgénérationnels et géographiques en articulant un travail de mémoire individuel et collectif, local et global (Comité de pilotage, 2011).
L’objectif de cette activité est d’approfondir cette problématique et d’élaborer des pistes d’action quant à la mise en place d’un réseau franco-canadien qui serait en mesure de favoriser l’échange et le partage des expériences et des connaissances.