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Philippe Tchomga
A l'Ouest-Cameroun, des associations dites de développement, mises en place par les citadins pour secourir les ruraux, touchent rarement les intérêts de ces derniers. Les leaders desdites associations prétendent relayer l'Etat en crise dans ses fonctions sociales, alors qu'ils n'ont que des enjeux de pouvoir. Ces leaders politiques constituent une maille qui empêche aux acteurs soucieux de leur terroir de diriger les comités de développement, ou aux ruraux de prendre en main leur propre destin. Finalement, ces associations deviennent vite des arènes de toutes les contradictions de la société, où les forces vives qui composent ces associations se neutralisent alors que le développement par les acteurs isolés fonctionne. Cet échec est une réplique de l'antique évergétisme, bien adapté aux sociétés bamiléké, fascinées par le pouvoir. Les projets de groupe s'estompent vite et meurent; les hommes sont plus enthousiastes dans les initiatives personnelles pour matérialiser leur rang social. Des questions se posent sur le devenir des associations dont les leaders ne sont animés que par leur autopromotion sociale. Comment permettre aux ruraux de mettre en place un plan de développement concerté, impulsé par le bas ? Pour y répondre, ce travail présente les principales associations à Batié, explore les profils des leaders, décrit quelques réalisations et montre que les associations autant que les sociétés secrètes, servent d'instruments de lutte et d'accaparement du pouvoir.
La participation à la définition des valeurs collectives et à la construction du changement social constitue un enjeu de taille pour la démocratie, la solidarité, la justice et l’inclusion dans les sociétés contemporaines. Qu’il s’agisse de promouvoir la confiance envers l’institution démocratique et l’État ou de favoriser la cohésion entre les membres d’une même communauté, l’injonction morale et politique à participer aux enjeux collectifs est forte et suit de multiples voies : commissions d’enquête publiques, référendums locaux, budgets populaires, conseils de quartiers ou d‘arrondissements, etc.
Et pourtant, plus rien ne semble en mesure de contenir la tendance à l’abstention lors des grands rendez-vous électoraux, ni l’abandon de la gestion des affaires publiques aux seuls élus. De même, certaines formes d’engagement plus quotidiennes, entraide, bénévolat, militantisme, trouvent de moins en moins d’adeptes parmi la population. Comment expliquer le hiatus qui apparaît ainsi de plus en plus clairement entre l’idéal de démocratie et les volontés individuelles? Comment et pourquoi participe-t-on à la vie de nos collectivités? Comment les gens perçoivent-ils leur engagement et leur contribution à la qualité de la vie sociale? Quelles sortes de leviers les milieux de vie peuvent-ils offrir pour soutenir l’engagement social et politique?
Les deux journées s’articuleront autour de trois thèmes principaux : (1) voies et logiques de l’engagement démocratique; (2) engagements diversifiés et démocratie; (3) pratiques et éthique de la participation démocratique.