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Anne Robineau : Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques
Cette communication a pour objectif de montrer les principaux obstacles qui nuisent à l'accès et à la consommation de produits culturels en français via le numérique pour près d'un million de francophones vivant hors Québec. Une récente étude du Commissariat aux langues officielles (2009) révélait une baisse de la production et de la diffusion de contenus culturels canadiens en français, notamment à la télévision, au profit de contenus importés et traduits dans lesquels les francophones ne se reconnaissent pas toujours.
Confrontées à un problème d'assimilation, certaines communautés francophones en situation minoritaire constituent moins de 4% de la population de leur province (Statistique Canada, 2006). Le phénomène d'exogamie, c'est-à-dire où l'un des conjoints appartient au groupe anglophone, accentue le transfert linguistique vers l'anglais, ce qui se répercute ensuite sur la consommation de produits culturels et une préférence marquée pour ceux en langue anglaise. Après avoir présenté des statistiques sur la consommation culturelle et l'utilisation d'Internet chez les jeunes francophones en fonction de la langue d'usage dans leurs pratiques culturelles, nous nous interrogerons sur la capacité de la francophonie hors Québec de faire face aux défis du numérique.
Depuis plusieurs années, les nouvelles technologies diversifient l’accès aux arts et à la culture. Elles peuvent avoir un effet cumulatif sur l’offre culturelle et favoriser la consommation des groupes déjà fortement dotés en capital culturel. Elles peuvent aussi contribuer à la spécialisation des publics. À cela s’ajoute l’effet de la composition démographique des sociétés occidentales qui comptent désormais des groupes issus de différentes communautés ethnoculturelles et linguistiques. On assiste, en effet, à la multiplication des réseaux dans lesquels des communautés de goûts réunies autour de certains produits culturels valident leurs choix et légitiment leurs pratiques culturelles. Comment interpréter le rôle traditionnel des pairs dans la transmission des goûts pour la culture dans ce contexte ? Les nouvelles technologies génèrent-elles systématiquement de nouveaux publics ? Comment les processus de médiation culturelle s’en trouvent affectés ? Ces questions invitent également à repenser à la proximité de l’artiste et de son public, au poids des industries culturelles et de la création indépendante dans cette nouvelle donne, aux objectifs de démocratisation et de démocraties culturelles des administrations publiques, mais aussi aux liens entre des référents culturels transmis par ces nouvelles pratiques et leur impact sur l’identité collective dans un espace sociopolitique donné. Ce colloque propose donc d’examiner les transformations des pratiques culturelles liées aux technologies numériques et leurs conséquences sur les différents acteurs des arts et de la culture.
Thème du colloque :