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Quand les politiques de maîtrise de la demande d'énergie reposent sur une fiction technicienne

MZ

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Marie-Christine Zélem : Université de Toulouse

Résumé de la communication

Pour lutter contre le changement climatique, les politiques de maîtrise de la demande d'énergie misent sur un changement de comportement des ménages. Malgré une sensibilité croissante aux problèmes d'environnement et énergétiques, malgré des équipements de plus en plus performants, malgré la multiplication des politiques incitatives et la sévérisation des réglementations, on observe peu de changements dans le domaine des économies d'énergie, bien au contraire. On assiste plutôt à une tendance au suréquipement et à une inflation des consommations d'énergie qui se traduisent par ce que les économistes nomment des effets rebonds. Cette contradiction s'explique aisément par le dilemme dans lequel notre société de consommation plonge l'individu social qui devrait être à la fois consommateur, citoyen et écoresponsable. On connait assez bien aujourd'hui les contraintes psycho-sociologiques, économiques, voire politiques qui font obstacle à une véritable transition énergétique, c'est à dire au passage d'une société énergivore vers une société plus sobre. On connait moins bien les capacités fortement structurantes des techniques, encore moins comment les normes techniques déterminent les normes sociales. C'est donc une réflexion sur la part sociale des techniques et les utopies techniciennes que nous nous proposons de présenter en prenant l'exemple du projet du bâtiment-économe comme projet phare en matière d'adaptation au changement climatique.

Résumé du colloque

Avec la montée des préoccupations liées aux impacts du changement climatique (CC), la question de la vulnérabilité et de l’adaptation des sociétés s’est particulièrement affirmée ces dernières années. L’adaptation qui a fait l’objet d’un volume spécifique dans le dernier rapport IPCC 2007, interroge la capacité réflexive des sociétés à infléchir leur trajectoire pour affronter des conditions environnementales dont certaines sont présentées comme inéluctables (montée des eaux et vulnérabilité des littoraux, événements extrêmes, variation de la disponibilité des ressources en eau…).

La définition de l’adaptation renvoie cependant à des réalités différentes, qu’il s’agisse d’une adaptation proactive, spontanée ou planifiée (IPCC 2001) et selon qu’elle concerne des politiques publiques, des comportements individuels, des processus technologiques, des référents culturels ou encore les fondements des systèmes économiques. L'adaptation conduit à une redéfinition des modes de pensée qui sont à la base de nos conceptions des rôles de l'État, du marché, des collectivités locales, de l'individu, de l'entreprise privée, etc.

Ce colloque a pour but de regrouper dans le cadre d'un échange pluridisciplinaire des spécialistes qui s'intéressent à la question de l'adaptation. Ce champ scientifique en plein essor depuis une dizaine d'années, suscite de nombreux débats (notamment sur la critique du statut du concept d’adaptation) et tant les efforts de théorisation, que la confrontation de recherches empiriques sont une nécessité pour baliser le champ et pour penser le rapport de la connaissance à l’action.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 9 mai 2012

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