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Richard Etienne : Université de Montpellier
La formation des formateurs est une préoccupation récente (Étienne, Altet, Lessard, Paquay, Perrenoud, 2009). Jusque-là, deux modèles se partageaient le marché : celui de la formation par les pairs qui veut que l'on apprenne en regardant et le modèle universitaire qui suppose que l'on apprenne en écoutant. Le succès de la démarche de projet complété par celui des compétences a entraîné la professionnalisation du métier de formateur. Reprenant les apports du praticien réflexif, les institutions de formation ont élaboré un nouveau modèle qui repose sur l'alternance et le dialogue. Aujourd'hui, on sait former des médecins, des ingénieurs et des enseignants en utilisant l'approche par problème et par projet (ibid.). En revanche, le cadre émergent de nouvelles formes d"'éducation à..." comme celles qui se portent sur la santé, la citoyenneté ou l'environnement pose des problèmes inédits en transposition didactique : les savoirs savants (Chevallard, 1985) et les pratiques sociales de référence (Martinand, 1986) ne peuvent plus être pris pour référents puisqu'il s'agit, en quelque sorte, de former à quelque chose qui n'existe pas mais dont l'émergence est issue d'une volonté politique et d'une nécessité sociale. Nous essaierons de poser les trois principes d'une grammaire de la formation des formateurs en éducation relative à l'environnement : fonctionnement par projet, évaluation comme moteur du changement et rétro-ingénierie liée à la nature des savoirs et des attitudes en jeu.
??L’environnement est au cœur de débats sociaux sur des questions émergeantes, en particulier autour de projets de « développement » qui soulèvent des mouvements de résistance. Il s’agit alors de « questions socialement vives » qui interpellent le monde de l’éducation. Pensons aux problématiques associées au gaz de schiste, aux changements climatiques, à la déforestation, aux OGM, etc. Comment l’éducation peut-elle se saisir de telles situations conflictuelles pour questionner la dimension écologique de notre identité et pour explorer les dynamiques d'engagement individuel et collectif?
L’environnement est la trame essentielle de nos vies : air, eau, aliments, etc. Ce que nous sommes est relié aux caractéristiques des environnements dans lesquels nos vies se déploient. En retour, nous transformons nos environnements en fonction de notre identité, de notre vision du monde et de nos engagements. Notre rapport à l'environnement est directement lié à notre façon de nous engager dans le monde, individuellement et collectivement, dans les différentes sphères des nos vies quotidiennes comme à travers l'action de nature politique.
Ce colloque aborde les questions d’identité et d’engagement par le prisme de l’éducation relative à l’environnement (ERE) dont l’une des visées est le développement d’une écocitoyenneté et la contribution à l'avènement d'une « démocratie écologique » où les débats deviennent source d'apprentissage collectif.
Les communications traiteront de situations éducatives ou apporteront des analyses et réflexions tant en ce qui concerne les milieux d'éducation formelle (aux différents ordres d'enseignement) que les milieux non formels (ONG, parcs, musées, etc.) et les contextes informels (dont l'apport des médias).