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Yanita Andonova : Université Sorbonne Paris Nord
La présente contribution propose une approche réflexive des processus mis en œuvre dans l'acte écrit. Comment les individus explicitent leur expérience, mettent en mots leurs compétences afin d'obtenir une reconnaissance professionnelle ? Nous proposons d'interroger cette problématique à travers une analyse de corpus de dossiers de validation des acquis de l'expérience (VAE), déposés par des candidats au sein d'un grand établissement d'enseignement supérieur. Il ne s'agit que d'une étude en cours qui ne saura répondre aux multiples questions qui se posent, mais qui ouvre des pistes de réflexion dans une approche communicationnelle. L'hypothèse formulée est que la constitution du dossier VAE est un acte écrit organisant et valorisant pour le candidat, qui doit être analysé en lien avec les processus de reconnaissance et de justification.
La communication des organisations, telle que développée à partir des théories des actes de langage ou de la pragmatique, est une production langagière voire discursive (Taylor et Van Every, 2000 ; Gramaccia, 2001) qui est rendue possible par l’engagement de ses interlocuteurs (Searle, 1972 ; Winograd, 1988).
Cet engagement est une des conditions de l’interaction et de la réalisation des effets perlocutoires qui permet à un acteur ou locuteur d’amener un interlocuteur à agir. Nous retrouvons cette notion dans ce que Mead (1934) appelle l’action conjointe. Pour lui, l’homme est un acteur capable de transformer sa relation au monde. Il y a deux formes d’interaction sociale : l’interaction non symbolique et symbolique. Dans l’action conjointe, l’interaction symbolique prévaut car les différents acteurs de l’interaction interprètent les gestes et actes de l’autre de façon symbolique. Elle implique l'interprétation des actions de l'autre et les indications sur la façon dont l’autre personne doit agir (Mead, 1934). Nous parlons donc d’action conjointe, ou d’engagement de la part de chacun des interlocuteurs pour comprendre et interpréter les actes d’autrui. L’action conjointe est une forme collective de l’action, où les participants adaptent leurs propres actes à ceux en cours et guident ainsi l’autre dans sa manière de (ré)agir (Mead,1934).
Ainsi, l’action peut être une adaptation à la nature de la relation entre acteurs. Mais la théorie des actes de langage ne nous informe pas sur la façon dont se développe et se maintient la relation. Cela nous semble pourtant essentiel pour comprendre la formation de l’effet perlocutoire. Car si la force illocutoire et la performativité sont des concepts qui ont été largement repris, les modalités de l’engagement qui en permettent la portée heuristique méritent encore d’être développées.
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