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Ruiz Giomny H. : Université de Montréal
Cette présentation s'appuie sur une recherche doctorale en cours portant sur la dynamique d'intégration des jeunes immigrants cubains de première génération au Canada, et le rôle qu'y jouent l'identité religieuse et les médias. Peu si non aucunement étudiée, plusieurs éléments particularisent la minorité cubaine au Canada: immigration relativement récente, hautement qualifiée, provenant d'une société postcommuniste en lente transition depuis l'année 1992, sans pour autant échapper au contrôle totalitaire, possédant des pratiques religieuses complexes issues de la juxtaposition historique de plusieurs courants religieux que les doctrines communistes n'ont jamais pu éliminer. Dans un premier temps, la présentation décrit la situation de la communauté cubaine au Canada, en fonction de plusieurs variables statistiques et démographiques. Ensuite, une réflexion est apportée précisant les défis méthodologiques inhérents à l'étude de l'identité religieuse des Cubains au Canada, et les stratégies pour surmonter ces obstacles. Les premiers résultats de la recherche montrent que les caractéristiques de la dynamique sociale des migrants cubains en terre canadienne exigent, en tant qu'alternative possible, l'analyse qualitative innovatrice des nouveaux médias, qu'ils utilisent largement pour communiquer et constituer un réseau virtuel.
Le progrès scientifique prédisait le déclin, voire l’extinction de la religion. Pourtant, elle est d’actualité. Nous envisageons dans le cadre de ce colloque d’explorer les mutations du religieux dues à la migration. D’un côté, des immigrants reçus s’installent aspirant à être acceptés dans leurs identités culturelles, y compris religieuses. De l’autre, des réfugiés, privés des droits de citoyens, cachés du débat public, bien que présents dans la société tentent de préserver leurs pratiques religieuses. En parallèle, une émigration intra-religieuse se développe pour fournir des cadres ecclésiaux, là où ils sont en pénurie.
Comment les croyants issus de toutes les traditions participent-ils à la production de nouvelles catégories identitaires ? Est-ce qu’ils adoptent, rejettent ou négocient la religion ? Sujets citoyens, ils vivent, pour les uns, une « acculturation », c’est-à-dire un changement dans les modèles originaux de pratiques du fait d’un « contact continu et direct » avec des cultures différentes, et pour les autres, une « inculturation », c’est-à-dire l’insertion de leur expérience religieuse dans l’enrichissement de la culture religieuse de la société d’accueil. Au-delà de leur perception par les populations locales, l’installation définitive de ces croyants met en lumière des zones de tension souvent attribuées à un conflit axiologique plutôt qu’à des politiques d’intégration. Or, cette perception d’une opposition de valeurs semble bien illusoire, car il s’agit d’un processus complexe de négociation entre les valeurs d’ici et d’ailleurs, une négociation qui commence avant tout avec une reconnaissance réciproque et une déconstruction des préjugés. Ce colloque permettra de mieux cerner les transformations religieuses dans la perspective d’expériences issues de parcours migratoires particuliers.
Axe 1 – Femmes et religions
Axe 2 – Communautés religieuses et pratiques
Axe 3 – Gestion du religieux
Axe 4 – Questions théoriques
Axe 5 – Diversité religieuse et État
Titre du colloque :