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Sergio Puente Aguilar : COLMEX - Centre d'Études Démographique, Urbain et de l'Environnement
L'important développement économique du Mexique au cours des cinq dernières décennies a été accompagné d'un développement urbain d'une ampleur égale voire encore supérieure, dont la principale caractéristique a été une forte concentration spatiale dans la ville de Mexico. Par son ampleur et son manque de planification, cette croissance urbaine anarchique a rendu la ville très vulnérable aux catastrophes naturelles. Le tremblement de terre de 1985 a mis en évidence cette vulnérabilité, de même que les inondations et les glissements de terrain, si fréquents pendant la saison des pluies et qui ont des coûts économiques et sociaux très élevés. La ville s'est aussi révélée très vulnérable aux phénomènes anthropogéniques, telle l'explosion d'une raffinerie qui a couté la vie à 450 personnes en 1984.
Notre communication présente les résultats d'une recherche visant la mise en évidence de l'hétérogénéité de la vulnérabilité de la ville de Mexico aux catastrophes naturelles et technologiques, et la relation dysfonctionnelle entre ce que nous appelons vulnérabilité objective des infrastructures urbaines, principalement le parc immobilier, et la vulnérabilité subjective, perception du risque par la population. On émet l'hypothèse qu'une perception cohérente et informée du risque par la population constitue un facteur essentiel à la mise en œuvre de toute politique urbaine efficace de réduction du risque et au développement d'une Culture de la Prévention et la co-responsabilité Sociale.
Les gestionnaires des risques naturels le savent depuis longtemps : le risque zéro n’existe pas. Nous vivons dans une société où le risque est omniprésent. Néanmoins, ce constat ne peut être considéré sous l’angle de la fatalité mais plutôt comme une opportunité pour une meilleure gestion des risques naturels.
S’il y a un avantage à tirer des sinistres qui affectent nos sociétés, c’est certainement à propos des mesures à prendre pour mieux prévenir le risque et, aussi, au regard de la gestion de la crise si celle-ci devait se reproduire. Au Québec, la première loi sur la protection civile date de 1951 et consistait en la mise en place de « plans d’évacuation et de réintégration de la population des villes dévastées par une guerre atomique, biologique, chimique ou nucléaire ». En 1964, la loi a été modifiée pour tenir compte aussi des sinistres en temps de paix, dont les risques naturels. La crise du verglas de 1998 a été l’occasion pour mettre en place la loi sur la sécurité civile en 2001.
Les catastrophes servent alors de point de départ à une amélioration de la réglementation en matière de gestion des risques naturels. Elles apportent de nouveaux enseignements sur l’intensité de l’aléa en amont, voire son occurrence et, dans certains cas, identifient de nouvelles zones à risque. Ce cadre réglementaire qui régit la sécurité des individus et de leurs biens est donc appelé à être constamment mis à jour. Comment évaluer la politique québécoise de sécurité civile dix ans après sa promulgation?
Ces aspects sont d’autant plus importants que les risques ont un coût considérable que nous ne sommes pas encore en mesure d’évaluer. Il est néanmoins essentiel de considérer différentes alternatives pour atténuer au maximum ces coûts par des politiques de prévention appropriées.
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