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Sanaa Benmessaoud
Alors que l'autobiographie de la sociologue marocaine Fatima Mernissi, Dreams of Trespass (1994), a été applaudie par plusieurs critiques littéraires féministes du fait de sa remise en question des représentations orientalistes de la femme arabe, les critiques éditoriales en font une lecture très orientaliste, laquelle n'a pas été relevée par ces mêmes critiques féministes. De même, ces dernières ont passé sous silence l'aspect traductionnel du texte. Or, en tant que texte postcolonial, Dreams of Trespass est une traduction non seulement culturelle mais aussi linguistique. Par cette traduction, Mernissi s'engage dans un processus de représentation qui influence nécessairement la manière dont le lectorat perçoit la femme marocaine et, par extension, la femme « arabe ». Cette communication se penche justement sur les processus de traduction à l'œuvre dans l'écriture de Dreams afin de mettre au jour le lien potentiel entre l'aspect traductionnel du texte et les interprétations orientalistes exprimées dans les critiques éditoriales. Elle souligne en particulier les difficultés dont tout acte représentationnel est truffé, et revendique, de la part tant des écrivain(e)s que des critiques littéraires et postcoloniaux, une conscience plus aigüe de l'aspect traductionnel de l'écriture postcoloniale, et donc du mécanisme de re-présentation et de déplacement inhérent à cette écriture.
L’ouverture généralisée des frontières disciplinaires depuis les dix dernières années s’est traduite par une réflexion renouvelée sur les conditions et les modalités de la recherche interdisciplinaire en traductologie. Il convient alors de s’interroger sur la nature des relations entre la traductologie et les autres domaines de recherche. En effet, la traductologie s’est historiquement définie par rapport aux disciplines connexes, en s’appropriant des problématiques et des méthodologies exogènes. Faut-il en déduire pour autant que la pratique de l’interdisciplinarité se réduit à la simple importation de modèles théoriques variés? Dans quelle mesure la recherche récente en traductologie témoigne-t-elle de formes « réciproques » (Kaindl) de l’interdisciplinarité, où la mise en commun de ressources méthodologiques et théoriques résulte en un apport égal aux différentes disciplines en jeu? Comment favoriser de telles approches? Ce colloque invite à la réflexion sur la contribution actuelle et potentielle de la traductologie aux autres domaines de recherche en sciences humaines.
Titre du colloque :