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Lise Savoie : Université de Moncton
L'objectif de la communication est de présenter les résultats d'une recherche portant sur la trajectoire sociale de femmes francophones du Nouveau-Brunswick vivant en milieu rural qui se sont engagées dans un processus d'alphabétisation. Il s'agit de comprendre quelle incidence ce processus pouvait avoir sur différents aspects de leur vie et de saisir le sens que peut prendre, du point de vue de ces femmes, un tel processus. Nous avons eu recours aux récits de vie afin de mieux cerner les dynamiques sociales qui construisent leur histoire. Ainsi, l'objet de la communication est de présenter des portraits de femmes engagées dans un processus de transformation et d'explorer les évènements biographiques et les sensations intimes de ces vies qui sont constamment en mouvement. Ces portraits mettent ainsi en perspective la manière dont ces femmes présentent leur expérience de formation, laquelle est intimement liée à celles vécues dans leurs mondes sociaux. Ces récits de soi impliquent des dynamiques de socialisation qui sont à comprendre comme des dynamiques personnelles et sociales avec lesquelles ces femmes ont évolué depuis la naissance, ce qui a contribué à façonner la manière dont elles se perçoivent et se définissent comme femmes et femmes en formation.
L’histoire de vie est une méthodologie de recherche formation instaurée par Gaston Pineau (1983). Cette pratique s’est d’abord développée au sein de la francophonie au cours des années 1980, en Espagne (1999), puis en Allemagne, en Suède, en Amérique latine et au Japon, où des groupes de diverses appartenances culturelles ont formé des réseaux pour diffuser et soutenir cette pratique et pour explorer les enjeux propres à leur culture. L’histoire de vie s’est aussi développée au sein de diverses communautés francophones canadiennes, chacune ayant des enjeux propres à sa culture et à sa situation géographique. L’objectif d’un réseau franco-canadien pour les histoires de vie est la mise en commun de ces diverses expériences pour une reconnaissance réciproque des multiples enjeux liés à chacune de ces cultures minoritaires ainsi que pour l’affirmation de son identité culturelle.
Certains des enjeux auxquels doit faire face le réseau sont propres aux situations minoritaires canadiennes. D’une part, retrouve plusieurs petites communautés isolées les unes des autres par de grandes distances. La question identitaire constitue également un enjeu central pour ces communautés, à la fois comme lien d’appartenance et, bien souvent, comme condition même d’existence (Landry, 2010). Les pratiques d’histoires de vie en situation minoritaire sont en mesure d’analyser et d’accompagner les processus de construction identitaire individuels, communautaires, transgénérationnels et géographiques en articulant un travail de mémoire individuel et collectif, local et global (Comité de pilotage, 2011).
L’objectif de cette activité est d’approfondir cette problématique et d’élaborer des pistes d’action quant à la mise en place d’un réseau franco-canadien qui serait en mesure de favoriser l’échange et le partage des expériences et des connaissances.