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Ghizlaine Lahmadi : Conservatoire national des arts et métiers
A l'aube du 21ème siècle, faut-il créer une société de loisirs qui soit distincte d'une société du travail ? Quels enjeux à décloisonner, au fond, ces deux sociétés que tout semble aujourd'hui rapprocher et séparer à la fois ? D'un côté, mécénat, stratégies culturelles développées par certaines pratiques managériales, empiètement de la culture dans le monde des affaires, impact culturel et social des comités d'entreprise à l'instar du modèle français, aspirent à rapprocher ces deux sphères. De l'autre, réduction du temps de travail, intensification de ce dernier et radicalisation des nouvelles formes d'organisation, amènent les individus à vouloir séparer de plus en plus leur temps de travail de leur temps de loisir. Un retour aux origines de la notion de travail et de ses acceptions va nous aider à mieux comprendre le sens et la valeur donnés au travail, du Moyen Age à aujourd'hui. Puis, à partir d'une étude sur les loisirs du Moyen Age, nous développerons une idée novatrice sur la notion de travail. Nous tenterons de montrer que toute société qui pense parvenir à cloisonner ces deux sociétés et à idéaliser une société du loisir à part entière, se suffisant à elle-même, est vouée à l'échec. Lorsque ceux-ci sont amenés à s'épouser, ils se co-fondent et parfois même se confondent aux travers d'initiatives exemplaires, faites de richesse et de potentialités infinies. Un exemple, un projet de comédie musicale qui a fédéré quelques 160 employés illustrera le propos.
À une époque où les modes de communication technologiques bouleversent les activités tout autant que les façons de transmettre les passions en loisir, où les cloisons étanches entre le temps de travail et de loisir, entre l’espace privé et public s’amenuisent, ce colloque vise à susciter des réflexions sur les modalités de transmission et de circulation des savoirs par et à travers le loisir.
La circulation des savoirs équivaut à parler de la circulation des ressources et des capacités, mais aussi des codes et des règles. En effet, la transmission des savoirs par des activités de loisir met en perspective des liens entre donateurs et donataires à la base de formes de domination et/ou d’émancipation. Les changements dans la transmission des savoirs influenceront donc inévitablement les modes de reproduction ou d'innovation dans le loisir, engendrant tant des ruptures dans les pratiques que créant de nouvelles occasions d’échanges, de socialisation et de mise en commun des connaissances. La circulation des savoirs permet aussi à des intervenants du milieu social ou de la santé, de soutenir des pratiques de loisir possédant une valeur intégrative et renforçant des processus d’insertion et d’empowerment.
La question peut être abordée sous plusieurs angles : rôle de la technologie dans la transmission des savoirs et des passions en loisir, circulation des savoirs et des formes d’émancipation et de reconnaissance, circulation des savoirs entre pratiquants et administrateurs, mise en place d’activités intergénérationnelles, transmission et communautés (famille, groupes de pairs, associations), évolution des modes de socialisation, déplacement des frontières entre les classes, les nations et les individus, loisir et marqueurs identitaires, etc. Le colloque devrait donner lieu à des propositions de transmission des savoirs « pratiques » (ex. les connaissances des personnes engagées dans des activités) autant que des savoirs « savants » (ex. théoriques).
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