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Nathalie Casemajor Loustau : UQO - Université du Québec en Outaouais
Bricolage créatif fondé sur une logique d'appropriation informelle, le « hacking » est une pratique née dans le milieu de l'informatique, et qui sert aujourd'hui à qualifier différents arts de faire (de Certeau) de l'ordre de la tactique alternative, en marge des cadres institutionnels établis. Les « hackathons » exploitant des données culturelles, tel que celui organisé par la bibliothèque numérique européenne Europeana lors des journéesHack4Europe en juin 2011, sont le lieu d'une rencontre entre la culture populaire (ou subculture) du « hacking » et le monde des musées, bibliothèques et archives. Mais comment ces logiques d'usages inspirées des valeurs du « libre », cultivant une certaine méfiance vis-à-vis de l'autorité et des hiérarchies sociales établies, peuvent-elles coexister avec les mécanismes de contrôle qui régulent le fonctionnement des institutions patrimoniales ? Il s'agira dans cette communication de décrire comment se façonnent les modes d'encadrement de ces pratiques d'appropriation et de remédiation numérique (Bolter et Grusin).
Depuis plusieurs années, les nouvelles technologies diversifient l’accès aux arts et à la culture. Elles peuvent avoir un effet cumulatif sur l’offre culturelle et favoriser la consommation des groupes déjà fortement dotés en capital culturel. Elles peuvent aussi contribuer à la spécialisation des publics. À cela s’ajoute l’effet de la composition démographique des sociétés occidentales qui comptent désormais des groupes issus de différentes communautés ethnoculturelles et linguistiques. On assiste, en effet, à la multiplication des réseaux dans lesquels des communautés de goûts réunies autour de certains produits culturels valident leurs choix et légitiment leurs pratiques culturelles. Comment interpréter le rôle traditionnel des pairs dans la transmission des goûts pour la culture dans ce contexte ? Les nouvelles technologies génèrent-elles systématiquement de nouveaux publics ? Comment les processus de médiation culturelle s’en trouvent affectés ? Ces questions invitent également à repenser à la proximité de l’artiste et de son public, au poids des industries culturelles et de la création indépendante dans cette nouvelle donne, aux objectifs de démocratisation et de démocraties culturelles des administrations publiques, mais aussi aux liens entre des référents culturels transmis par ces nouvelles pratiques et leur impact sur l’identité collective dans un espace sociopolitique donné. Ce colloque propose donc d’examiner les transformations des pratiques culturelles liées aux technologies numériques et leurs conséquences sur les différents acteurs des arts et de la culture.
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