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David Niget : Université catholique de Louvain
La Belgique
apparaît, au XXe siècle, comme le laboratoire d'une prise en charge
institutionnelle de la jeunesse « irrégulière » renouvelée au contact de
l'expertise médicale, pédagogique, et psychologique sur l'enfance qui se développe
alors, redéfinissant les contours des populations à risque. Les
institutions d' « observation » deviennent rapidement un outil régulateur du
système de protection de la jeunesse sous mandat judiciaire, traçant ainsi
leurs trajectoires institutionnelles en articulant protection de l'enfance et «
défense sociale ». On s'intéressera d'abord au fonctionnement de ce système, à
sa rationalité scientifique, qui a permis de reconduire un dispositif
institutionnel qui apparaissait, à la fin du XIXe siècle, comme arbitraire et
inutile. En outre, nous poserons la question, centrale s'agissant de la
définition même d'une institution, de la violence qu'elle exerce et qu'elle
institue à travers l'exercice du pouvoir, en repartant des hypothèses
wébériennes de la définition du rôle de l'Etat comme usage exclusif de la
violence légitime. Nous nous interrogerons néanmoins sur les modalités de
résistance ou de subversion des nouveaux dispositifs institutionnels de disciplinarisation
que mettent en oeuvre les jeunes, plus particulièrement le cas des jeunes
filles. Au final, c'est peut être le concept de gouvernementalité initié par
Foucault qui rend le mieux compte des modalités nouvelles qui régissent
l'exercice du pouvoir dans les institutions au XXe siècle
L’historicité des modes d’appréhension et de gestion des problèmes sociaux aux 19e et 20e siècles, au cœur des intérêts de recherche du Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS), a surtout été explorée, depuis plus d’une décennie, sous l’angle des institutions à caractère coercitif. Principalement ancrées sur le territoire montréalais, les recherches historiques développées au sein du CHRS ont par la suite porté sur de nouvelles questions dépassant largement le cadre des institutions d’enfermement de types pénal.
Dans cette perspective, la réponse collective aux défis majeurs posés par les inégalités sociales, génératrices de pauvreté, de maladie, de déviance, a permis à notre équipe d’investir sous de nouveaux angles le vaste champ de la prise en charge d’autrui.
Cette approche plus large des institutions permet alors de s’intéresser à une pluralité de modèles d’organisation sociale tant publics que privés. Elle pousse aussi à s’interroger sur la coexistence possible de plusieurs concepts associés à la question de la prise en charge. Comment en effet concilier le recours à la punition, à la sanction voire au rejet tout en prônant la charité, le service, la solidarité, l’amitié, la responsabilité, la bienveillance ?
Les expériences et les parcours des individus et des groupes définis comme « à risque » et aux prises avec différents modèles de prise en charge au cours des 19e et 20e siècles permettent de poser un regard nouveau sur le « poids » des institutions et sur les réactions possibles des plus vulnérables face au modèle qui leur était imposé.
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