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Vincent Grondin : Université de Montréal
Dans un aphorisme pour le moins étonnant des Fiches, Wittgenstein fait l'observation suivante à propos de la nature du discours philosophique : « En philosophie, il est significatif que telle ou telle phrase, en plus de ne pas avoir de sens, soit drôle. » (Ludwig Wittgenstein, 1970, Zettel, Berkeley et Los Angeles, University of California Press, §328). Dans le cadre de ma présentation, je me propose de montrer qu'un tel passage permet de jeter un éclairage stimulant sur un aspect de la méthode thérapeutique de Wittgenstein trop souvent laissé de côté dans la littérature consacrée au sujet (Peter Hacker, Cora Diamond, etc.). En clair, il s'agira de montrer que Wittgenstein critique tout d'abord l'esprit de profondeur et de sérieux qui, la plupart du temps, oblitère la drôlerie et l'absurdité du discours philosophique. En partant de l'hypothèse selon laquelle le comique découle d'une inadéquation entre une expression et le contexte dans lequel on l'utilise, ce parcours me permettra d'établir que la première étape de la cure wittgensteinienne consiste à prendre conscience du non-sens des énoncés philosophiques et d'en rire.
Le congrès de la SPQ vise à rassembler les chercheurs en philosophie autour d’un thème rassembleur qui sera pour 2012 : « La philosophie interlocutrice des sciences et des arts ». Le congrès vise à interroger et analyser les différents rapports qu’entretient la philosophie avec les arts d’un côté et les sciences de l’autre côté. Ces rapports sont multiples et ouvrent plusieurs avenues théoriques. Analyse du discours philosophique comme esthétique ou scientifique, importance ou nécessité du discours philosophique pour définir ce qu’est la science ou l’art, et importance ou nécessité de l’art et de la science pour produire un discours philosophique. Ces questions ont occupé les philosophes depuis ses origines, et les réponses offertes ont évolué de façons extrêmement intéressantes et pertinentes pour la compréhension de la philosophie, de ses objets d’analyse et de sa méthodologie à travers l’histoire et encore aujourd’hui.
Les chercheurs invités seront donc appelés à aborder le thème proposé de différentes façons. Le caractère équivoque du thème est nécessaire afin de mettre de l’avant un évènement rassembleur pour des chercheurs ayant des domaines de spécialisation divers en philosophie de l’histoire, en éthique, en philosophie des sciences et en philosophie de l’esprit, en philosophie esthétique et en philosophie de la littérature, etc. Quelques exemples de thèmes pouvant être abordés par les congressistes : L’influence et la place centrale qu’occupent les sciences cognitives et les sciences sociales dans les discours en philosophie de l’esprit, en éthique et en philosophie sociale et politique. La pertinence de soumettre la science ou l’art à des normes et à des critères éthiques. L’analyse philosophique comme discours scientifique ou comme discours esthétique.