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Dulce Maria Cruz Herrera
La responsabilité de protéger les populations migrantes en situation de détresse a traditionnellement été un enjeu crucial des politiques étrangères du Canada et du Québec. Les pertes humaines et matérielles enregistrées durant l'année 2010 comme conséquence des catastrophes humanitaires dépassent de loin les chiffrées durant les années précédentes. C'est le séisme ayant eu lieu sur le territoire haïtien, le 10 janvier 2010, qui a été le plus dévastateur avec 222 570 personnes décédées, d'après les données publiées par le CRED. Pourtant, la reconnaissance du lien causal puis juridique entre les atteintes à l'environnement, les violations des droits humains des collectivités touchées et les flux migratoires soulève encore des questionnements théoriques. À la lumière de leur tradition humanitaire, il s'agira d'analyser les contributions canadienne et québécoise à la mise à jour normative et à l'actualisation du discours politique dans ce domaine, de même que la pertinence des programmes d'intégration des immigrants victimes des catastrophes humanitaires. En 2011, le représentant pour le Canada du HCRNU a même félicité le gouvernement du Québec pour « sa détermination à poursuivre sa tradition humanitaire envers les personnes les plus vulnérables ». Enfin, la mise en œuvre de ces politiques, constitue-t-elle une application du principe de la responsabilité de protéger, énoncé en 2001 par la CIISE, à l'initiative du gouvernement canadien?
Les facteurs de mobilité des personnes à l’échelle mondiale se sont grandement complexifiés au cours des deux dernières décennies. Les sociétés se retrouvent avec une gamme de types de migrants, dont les motivations, les trajectoires, les statuts et les modes d’insertion ne se laissent plus saisir aisément, avec d’énormes conséquences sur les politiques publiques de régulation de l’immigration et de la diversité. Les paradigmes théoriques avec lesquels on aborde la migration internationale comportent des aspects contradictoires, selon l’échelle à laquelle on se place. Un paradigme axé sur les droits ne tiendra pas compte adéquatement des enjeux politiques et des rapports de force qui interviennent en amont ou en aval du phénomène migratoire. Un autre paradigme axé uniquement sur ces rapports de force aura tendance à ne pas tenir compte des enjeux juridiques et normatifs soulevés. Un paradigme axé seulement sur l’État nation omettra de prendre en considération les réseaux transnationaux. Or, le choix des paradigmes a une incidence majeure sur les orientations normatives qui sont incarnées dans les politiques publiques. C’est l’ensemble de ces questions que ce colloque entend examiner.
Plus précisément, le colloque s’articule autour de trois axes : 1) Prendre acte des données empiriques nouvelles et des tendances lourdes concernant les migrations internationales, autant sur le plan qualitatif que sur le plan quantitatif. 2) Identifier les principaux enjeux qui en résultent en matière de politiques d’immigration et d’insertion/incorporation (sur les plans de l’emploi, de l’éducation, de la participation sociale ou de l’aménagement de la diversité ethnoculturelle et religieuse dans l’espace public). 3) Enfin, faire une réflexion comparative sur les paradigmes utilisés pour appréhender ces changements dans les pays occidentaux, identifier leurs apories et leurs angles morts.
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