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Jean-François Fournier : Cégep Maisonneuve
À travers un examen des arguments proposés entre autre par les philosophes Dan Zahavi et Shaun Gallagher, nous entendons soutenir que la structure temporelle de l'action nécessite, afin d'être expliquée proprement, une forme de conscience tacite, non-représentationnelle, en un mot : préréflexive. Cette conscience peut tout de même se laisser analyser et l'on peut ainsi identifier certaines parties et structures la composant. C'est dans cet esprit que nous examinerons le sentiment de propriété (ownership), et celui d'agentivité tels qu'ils se présentent dans l'action. L'analyse de ces aspects de l'action devra nous conduire à sa structure temporelle, s'exprimant et se réalisant par l'apport des rétentions et des protentions. L'action s'accomplit par le biais de rétroactions sensorimotrices constantes, tacitement présentes à la conscience, opérant dans le cadre d'une durée continue et non par le recours à des représentations dont la nature discursive et dissociable ne permet de rendre compte adéquatement ni de l'expérience consciente la plus banale, ni des actions les plus simples d'un agent engagé dans son environnement. C'est ainsi qu'il devient nécessaire de séparer deux types de conscience : l'une réflexive et représentationnelle, l'autre préréflexive et non thématique et de bien distinguer ce que chacune d'entre elle permet de comprendre sur la nature et la forme de la conscience humaine.
Ce colloque a pour principale vocation de contribuer au vaste débat autour de la nature et du rôle de la conscience dans l’économie de l’esprit. Depuis maintenant une vingtaine d’années, le thème de la conscience opère un retour en force sous la forme d’objections adressées aux positions physicalistes de l’esprit (Block, Chalmers, Jackson).
De manière générale, les débats et controverses que suscite ce thème se concentrent essentiellement autour du caractère réflexif et non réflexif de la conscience. En effet, certaines théories contemporaines, issues de la tradition représentationaliste, ont proposé différents modèles réflexifs de la conscience (Rosenthal, Carruthers, Lycan). D’autres théories actuelles qui se revendiquent du mouvement phénoménologique développent à l’inverse différentes conceptions non réflexives ou pré-réflexives de la conscience (Gallagher, Zahavi).
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