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Dominique Malatesta : Haute école de travail social et de la santé - Lausanne
L'analyse de deux types d'activités sportives juvéniles pratiquées dans des clubs amateurs et de proximité montre que les modes d'intégration des enfants à ces espaces collectifs de socialisation sont associés à trois variables principales: la sélection et la hiérarchisation (logique sportive institutionnalisée), la constitution d'un collectif (logique d'appartenance) et l'intégration de tous et toutes (logique sociale et sociopréventive). Si le sport, tout comme l'école, peut être considéré comme une instance de la reproduction des rapports de pouvoir, comme une institution de la disciplinarisation des corps et, bien entendu, une entreprise de sélection des individus, les clubs de sport sont également des espaces-temps de sociabilités (primaires et secondaires) et de circulation des savoirs et des opinions. C'est bien cette articulation que nous voulons aborder. La comparaison entre le football, sport identifié comme masculin, mondialisé, dont les clubs locaux sont très majoritairement composés de garçons, et le twirling bâton, féminin, méconnu, constitué d'une majorité de filles, permet une comparaison des modalités éducatives, en fonction 1)du type d'engagement corporel, 2)de la composition sexuelle des collectifs et 3)des valeurs exprimées par les milieux engagés (un entre soi féminin pour l'un et des références androcentrées pour l'autre).
À une époque où les modes de communication technologiques bouleversent les activités tout autant que les façons de transmettre les passions en loisir, où les cloisons étanches entre le temps de travail et de loisir, entre l’espace privé et public s’amenuisent, ce colloque vise à susciter des réflexions sur les modalités de transmission et de circulation des savoirs par et à travers le loisir.
La circulation des savoirs équivaut à parler de la circulation des ressources et des capacités, mais aussi des codes et des règles. En effet, la transmission des savoirs par des activités de loisir met en perspective des liens entre donateurs et donataires à la base de formes de domination et/ou d’émancipation. Les changements dans la transmission des savoirs influenceront donc inévitablement les modes de reproduction ou d'innovation dans le loisir, engendrant tant des ruptures dans les pratiques que créant de nouvelles occasions d’échanges, de socialisation et de mise en commun des connaissances. La circulation des savoirs permet aussi à des intervenants du milieu social ou de la santé, de soutenir des pratiques de loisir possédant une valeur intégrative et renforçant des processus d’insertion et d’empowerment.
La question peut être abordée sous plusieurs angles : rôle de la technologie dans la transmission des savoirs et des passions en loisir, circulation des savoirs et des formes d’émancipation et de reconnaissance, circulation des savoirs entre pratiquants et administrateurs, mise en place d’activités intergénérationnelles, transmission et communautés (famille, groupes de pairs, associations), évolution des modes de socialisation, déplacement des frontières entre les classes, les nations et les individus, loisir et marqueurs identitaires, etc. Le colloque devrait donner lieu à des propositions de transmission des savoirs « pratiques » (ex. les connaissances des personnes engagées dans des activités) autant que des savoirs « savants » (ex. théoriques).
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