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Apprentissages et transmission traditionnelle des modes de vie chez les Batammariba du Nord-Togo

Résumé de la communication

Les Batammariba du Nord-Togo - « ceux qui façonnent la terre » - se définissent comme de grands bâtisseurs. Ils construisent notamment un type particulier d'habitat traditionnel, œuvre de l'esprit de création locale : la Takienta. Cette construction fait appel à des savoirs et savoir-faire particulièrement élaborés et à une rigoureuse division du travail. En 2004, le Togo inscrira ce paysage culturel sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO sous le nom de « Koutammakou, le pays des Batammariba ». Composé à la fois d'éléments matériels et immatériels, ce paysage est un exemple de parfaite symbiose entre l'environnement naturel et bâti et les populations qui y vivent. Cette inscription a conféré au site et à ses habitants une stature nationale et internationale. Elle va du coup avoir des influences sur le regard que les populations locales ont sur ce qui est leur patrimoine et qu'elles ont toujours pratiqué le plus simplement et le plus ordinairement par le passé. Désormais, leur terroir et toutes les valeurs qui y sont associées - notamment cet art de construire transmis de génération en génération qui le détermine et qui fait que le Batammariba est reconnu comme un grand maitre-mâcon, aura toute une autre dimension. Cette ambition à la patrimonialité mondiale influera sur la perception de ce patrimoine et le processus de transmission de l'art de construire la takienta.

Résumé du colloque

À une époque où les modes de communication technologiques bouleversent les activités tout autant que les façons de transmettre les passions en loisir, où les cloisons étanches entre le temps de travail et de loisir, entre l’espace privé et public s’amenuisent, ce colloque vise à susciter des réflexions sur les modalités de transmission et de circulation des savoirs par et à travers le loisir.

La circulation des savoirs équivaut à parler de la circulation des ressources et des capacités, mais aussi des codes et des règles. En effet, la transmission des savoirs par des activités de loisir met en perspective des liens entre donateurs et donataires à la base de formes de domination et/ou d’émancipation. Les changements dans la transmission des savoirs influenceront donc inévitablement les modes de reproduction ou d'innovation dans le loisir, engendrant tant des ruptures dans les pratiques que créant de nouvelles occasions d’échanges, de socialisation et de mise en commun des connaissances. La circulation des savoirs permet aussi à des intervenants du milieu social ou de la santé, de soutenir des pratiques de loisir possédant une valeur intégrative et renforçant des processus d’insertion et d’empowerment.

La question peut être abordée sous plusieurs angles : rôle de la technologie dans la transmission des savoirs et des passions en loisir, circulation des savoirs et des formes d’émancipation et de reconnaissance, circulation des savoirs entre pratiquants et administrateurs, mise en place d’activités intergénérationnelles, transmission et communautés (famille, groupes de pairs, associations), évolution des modes de socialisation, déplacement des frontières entre les classes, les nations et les individus, loisir et marqueurs identitaires, etc. Le colloque devrait donner lieu à des propositions de transmission des savoirs « pratiques » (ex. les connaissances des personnes engagées dans des activités) autant que des savoirs « savants » (ex. théoriques).

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
manager icon Responsables :
Pascale Marcotte
section icon Date : 10 mai 2012

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