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Hermenegilde Rwantabagu : Université du Burundi
Au cours des dernières décennies, l'histoire du Burundi a été marquée par une fracture identitaire de grande envergure. Les recherches menées récemment au pays ont révélé que les violences fratricides ont pour explication, entre autres, la forte dépréciation des valeurs humaines chez les jeunes, en particulier. Face à cette détérioration du paysage axiologique, l'État a adopté en 2005, un programme d'Éducation aux Valeurs Humaines, à l'école. La présente communication se propose d'analyser les résultats d'une enquête, menée en 2011 auprès d'une centaine d'adolescentes et d'adolescents tirés de quelques établissements scolaires du milieu rural et urbain. Ladite enquête, avait pour but de connaître l'impact sur la vision et le vécu, chez les jeunes Burundais, du programme d'Éducation aux Valeurs. Ledit programme porte sur l'acquisition et la pratique des valeurs porteuses d'harmonie sociale telles que la justice, la tolérance, la solidarité et le respect des droits de l'homme et de la vie, valeurs qui se résument dans le concept global d' « Ubuntu » ou « Humanité ». Les résultats de l'enquête ont montré qu'à majorité (85%), tant les jeunes du milieu urbain que du milieu rural ont intériorisé et adhèrent aux valeurs précitées et ont essayé de les intégrer dans leur vécu quotidien à travers le partage, la solidarité, la tolérance surtout à l'égard des pairs d'origine ethnique différente.
Si la coexistence a toujours représenté un enjeu de taille de la condition humaine, cet enjeu se pose avec encore plus d’acuité dans nos sociétés contemporaines puisqu’elles ont désormais à composer avec diverses figures affirmées de l’Autre — nationalité, ethnie, religion, orientation sexuelle, classe sociale, genre, etc.
En Europe comme au Québec, les débats, réflexions et propositions portant sur ce thème tendent à se concentrer en particulier sur la diversité culturelle et religieuse issue de l’immigration au sein des États-nations. Dans d’autres régions du monde où l’accès même à la démocratie reste un combat qui est loin d’être gagné, des espoirs d’un mieux-vivre ensemble sont éveillés, mais de nombreuses questions et inquiétudes demeurent quant aux conceptions du vivre ensemble qui vont se dessiner. En Afrique, l’installation de gouvernements d’union nationale, la recherche d’équilibre régional et les commissions dialogue et réconciliation pour recréer le lien social disloqué par les conflits armés et autres génocides, sont autant de mesures mises en œuvre pour un meilleur vivre ensemble. Les situations post-conflictuelles appellent à un pari sur l’éducation à cet égard.
Organisé par le Groupe de recherche sur l’éducation éthique et l’éthique en éducation (GREE) et l’Association francophone d’éducation comparée (AFEC), ce colloque a pour but de dégager des éléments porteurs pour penser les fondements et visées, analyser les contextes, les orientations et les pratiques et développer des outils pour éduquer au « vivre ensemble ».
Au programme, une soixantaine de présentations par des chercheurs en provenance de 14 pays. Un lancement conjoint : L’Éthique et culture religieuse en question,PUQ ; revue Éducation comparée. Le colloque est financé par l'Agence universitaire de la Francophonie, le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, l’Université du Québec, l'UQAM et l'UQTR.