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Communiquer le durable dans l'industrie de l'éphémère : étude de cas des identités visuelles d'une agence de communication engagée

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Karen Brunel Lafargue : La Sorbonne

Résumé de la communication

Nous proposons ici d'étudier le cas de l'identité visuelle, ou plutôt des identités visuelles, de l'agence de communication Inoxia basée à Bordeaux (France) depuis 1995. Cette dernière vient juste de se doter d'un nouveau logo, son cinquième depuis sa création. La particularité de cet objet d'étude est le paradoxe qui apparaît quand on sait que, l'agence est « engagée depuis 2000, en faveur d'un développement durable, Inoxia revendique et exprime au quotidien son parti pris en faveur d'une communication plus responsable”.

Il nous semble intéressant d'aborder cette critique politique du neuf à travers cet exemple prélevé dans la communauté de production. Un exemple qui concentre, cette contradiction inhérente à notre époque de transition écartelée entre la quête du neuf de la pureté et de son absence d'usure, et la quête vitale du durable, alimentée par la nécessité pressante de préserver nos ressources. En procédant à une analyse sémiotique de ces identités visuelles successives, nous tenterons de mieux appréhender le (ou les) sens que peu(ven)t avoir la notion de durable dans le contexte du métier de communication.

Résumé du colloque

La société de consommation contemporaine a promu l’objet « flambant neuf » immaculé, l’objet « toujours neuf » de l’obsolescence programmée, l’objet « plus neuf que le tien » pris dans la rivalité mimétique, comme horizon indépassable des aspirations individuelles. Assujettis à cette politique du neuf, les individus se modèleraient ainsi sans considération pour les histoires singulières émanant de leurs usages et des objets qui meublent leur vie. L’histoire du design au XXe siècle est intimement mêlée à la promotion de cette subjectivité contemporaine, lisse et étincelante. À l’aube de la démocratie participative, dans le sillage du web 2.0, et alors que s’édifie une société de la durabilité, le design est-il ainsi condamné à créer du neuf et à enfermer les aspirations individuelles dans ce mode de renouvellement de soi?

Ce colloque cherche à explorer les rapports entre le design et des démarches de subjectivation créatives à partir d’une critique politique du « neuf » qui couvre les polarités du nouveau et de l’ancien, du vierge et du recyclé, du frais et du périmé, du propre et du sale, etc.

Deux axes d’exploration seront proposés. Le premier axe abordera le lien entre design et subjectivation à l’aune du déplacement actuel du centre de gravité des pratiques de design qui s’intéressent dorénavant moins à l’objet qu’aux systèmes d’usage. Comment des démarches de design peuvent-elles réinventer localement et délibérativement des styles de vie en combinant des services et de multiples objets, neufs comme usés, à l’intérieur de scénarios? Le second axe s’attachera à examiner le design dans le cadre de l’alternative entre « faire du neuf » ou ne rien faire. Quels enjeux de design sont soulevés par la valorisation de la trace personnelle laissée par l’usage sur l’environnement matériel?

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
manager icon Responsables :
Christophe Abrassart
section icon Date : 10 mai 2012

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