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Allison Gonsalves : Université de Montréal
Récemment, les chercheurs se sont tournés vers l'utilisation des technologies numériques pour impliquer les jeunes dans l'apprentissage des sciences (à l'école et dans des contextes parascolaires). Ces outils agissent comme espace d'expression et permettent de prendre connaissance d'autres récits que ceux dominant le domaine (Furman & Calabrese Barton, 2006; Calabrese Barton & O'Neill, 2008). Ces chercheurs ont démontré que la manipulation de la caméra par les jeunes offre des occasions de raconter leurs propres histoires et leur permet également d'utiliser diverses formes d'expression pour les représenter. Inspirées par ce moyen, nous avons conduit un projet parascolairede récit numérique et de création de courts documentaires scientifiques. Cette présentation relatera nos expériences avec sept jeunes d'un groupe de jeunes filles de de programme, un Boys and Girls Club, situé dans un quartier ouvrier d'un grand centre urbain de l'Est du Canada. Nous allons discuter des possibilités qu'offrent les médias numériques pour engager les jeunes dans l'exploration de questions liées à l'adolescence et à la culture des jeunes ainsi qu'aux nouvelles façons d'examiner le rôle de la science dans leur vie. D'autre part, nous allons explorer les limites que posent l'utilisation des médias numériques à la fois dans la participation des jeunes dans les programmes parascolaires liés aux sciences et comme méthode de collecte de données dans la recherche ethnographique.
La recherche auprès des jeunes connaît une évolution dans divers domaines, notamment ceux en lien avec leur culture et leur apprentissage. Plusieurs critiques ont déploré l’approche adulto-centrée des recherches traditionnelles et prônent une vision plus positive et compétente de l’enfant. Au tournant du 21e siècle, par la signature de la Convention relative aux droits de l’enfant, s’impose de plus en plus l’idée que les jeunes ont leur mot à dire dans les décisions qui les concernent. En sciences sociales, on ne voit plus le jeune seulement en le définissant par son appartenance à une entité plus grande (famille, école, nation) et par son devenir (le chemin à parcourir pour devenir adulte); on le considère en tant qu’individu complet, dans ce qu’il est et pense actuellement, à partir de son point de vue propre. Or, quel mot ont à dire les jeunes au sujet des recherches qui les concernent? L’objectif de ce colloque est de tracer un portrait des recherches actuelles en éducation auprès des jeunes. Un premier angle sur lequel se questionner concerne les cadres théoriques qui permettent d’appréhender ces phénomènes à partir du point de vue du jeune, tout en tenant compte de sa position sociale et de ses interactions avec, notamment, les adultes, dont les enseignants dans le contexte scolaire. Un deuxième angle à questionner est celui des méthodes de recherche utilisées. Si l’on considère de plus en plus les jeunes comme des informateurs de premier plan sur les sujets qui les concernent, ne garde-t-on pas une approche adulto-centrée dans le contexte d’une collecte de données? Par exemple, en quoi les méthodes utilisées permettent aux jeunes de rendre compte de leur point de vue par des voies qui sont les leurs, dans un contexte qui leur est familier? Ainsi, le colloque a pour vue de tracer un portrait de la recherche actuelle auprès des jeunes en contexte scolaire, tout en questionnant les cadres théoriques et les outils méthodologiques mis de l’avant pour la faire.