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Anne-Cécile Nentwig : Université Grenoble Alpes
Le développement des outils numériques dans le monde musical a transformé les modalités de réception, de consommation et de pratique des musiciens amateurs. Modifiant l'organisation du monde musical et les relations habituelles entre artistes et public, les réseaux sociaux tels que Facebook ou Myspace impactent aussi sur les pratiques amateures. L'apport des réseaux sociaux, des blogs ou plus largement des outils du web 2.0 dans la compréhension d'un courant musical ne peut être négligé. De simples moyens de diffusion et de communication, les outils numériques ont largement participé aux transformations dans les manières de faire de la musique, de la vivre et de la partager. L'objectif de cette communication sera de comprendre, à travers l'analyse de l'appropriation des forums et des réseaux sociaux par les musiciens amateurs, la manière dont s'instaurent de nouveaux rapports à la musique, aux modalités de transmission de la passion, des connaissances et l'émergence d'une nouvelle forme de savoirs partagés. Il s'agira ici de se questionner sur la manière dont se passent les échanges d'informations, de savoirs tant techniques, théoriques que communicationnels.
En nous appuyant sur notre travail mené auprès de musiciens traditionnels amateurs[1], nous questionnerons les modalités d'utilisation et d'appropriation de ces outils numériques favorisant les relations entre musiciens ainsi que l'émergence d'un ensemble de savoirs communs, d'une véritable « culture participative ».
À une époque où les modes de communication technologiques bouleversent les activités tout autant que les façons de transmettre les passions en loisir, où les cloisons étanches entre le temps de travail et de loisir, entre l’espace privé et public s’amenuisent, ce colloque vise à susciter des réflexions sur les modalités de transmission et de circulation des savoirs par et à travers le loisir.
La circulation des savoirs équivaut à parler de la circulation des ressources et des capacités, mais aussi des codes et des règles. En effet, la transmission des savoirs par des activités de loisir met en perspective des liens entre donateurs et donataires à la base de formes de domination et/ou d’émancipation. Les changements dans la transmission des savoirs influenceront donc inévitablement les modes de reproduction ou d'innovation dans le loisir, engendrant tant des ruptures dans les pratiques que créant de nouvelles occasions d’échanges, de socialisation et de mise en commun des connaissances. La circulation des savoirs permet aussi à des intervenants du milieu social ou de la santé, de soutenir des pratiques de loisir possédant une valeur intégrative et renforçant des processus d’insertion et d’empowerment.
La question peut être abordée sous plusieurs angles : rôle de la technologie dans la transmission des savoirs et des passions en loisir, circulation des savoirs et des formes d’émancipation et de reconnaissance, circulation des savoirs entre pratiquants et administrateurs, mise en place d’activités intergénérationnelles, transmission et communautés (famille, groupes de pairs, associations), évolution des modes de socialisation, déplacement des frontières entre les classes, les nations et les individus, loisir et marqueurs identitaires, etc. Le colloque devrait donner lieu à des propositions de transmission des savoirs « pratiques » (ex. les connaissances des personnes engagées dans des activités) autant que des savoirs « savants » (ex. théoriques).
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