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(Dé)Légitimations des pratiques de nature et logiques identitaires : étude de cas dans un parc national en France

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Laura Schuft : Université Nice Sophia Antipolis

Résumé de la communication

Dans le contexte d'un parc national, la mise en avant de certaines pratiques de nature « écologiques » (randonnée, escalade, canyoning) utilisées pour la promotion touristique du parc – s'est accompagnée de l'interdiction d'autres – les pratiques « traditionnelles » des locaux (chasse, pêche, cueillette), qui au cours des siècles ont joué le rôle d'activités symboliques permettant la constitution de la communauté locale. Cette réglementation formelle prend ainsi la forme d'une légitimation de savoirs, d'une définition de « bonnes » ou de « mauvaises » pratiques. Une telle (dé)légitimation, reflétant la volonté de groupes sociaux en position de pouvoir, est considérée comme une expression symptomatique de rapports sociaux de pouvoir. Les logiques identitaires des résidants, c'est-à-dire les définitions des « eux » face à des « nous », s'appuient en partie sur une dénonciation de ces revalorisations et légitimations par le parc des pratiques de nature. De tels processus rappellent les travaux sociologiques qui considèrent la manière dont les catégorisations identitaires et leurs « frontières » se créent précisément dans des rapports sociaux de pouvoir. Si les rapports sociaux présentés ici s'inscrivent dans une histoire et un contexte territorial particulier, cette étude de cas se veut une réflexion théorique sur la manière dont les rapports de pouvoir, exprimés par la légitimation de savoirs et de pratiques en particulier, participent à nourrir les logiques identitaires.

Résumé du colloque

À une époque où les modes de communication technologiques bouleversent les activités tout autant que les façons de transmettre les passions en loisir, où les cloisons étanches entre le temps de travail et de loisir, entre l’espace privé et public s’amenuisent, ce colloque vise à susciter des réflexions sur les modalités de transmission et de circulation des savoirs par et à travers le loisir.

La circulation des savoirs équivaut à parler de la circulation des ressources et des capacités, mais aussi des codes et des règles. En effet, la transmission des savoirs par des activités de loisir met en perspective des liens entre donateurs et donataires à la base de formes de domination et/ou d’émancipation. Les changements dans la transmission des savoirs influenceront donc inévitablement les modes de reproduction ou d'innovation dans le loisir, engendrant tant des ruptures dans les pratiques que créant de nouvelles occasions d’échanges, de socialisation et de mise en commun des connaissances. La circulation des savoirs permet aussi à des intervenants du milieu social ou de la santé, de soutenir des pratiques de loisir possédant une valeur intégrative et renforçant des processus d’insertion et d’empowerment.

La question peut être abordée sous plusieurs angles : rôle de la technologie dans la transmission des savoirs et des passions en loisir, circulation des savoirs et des formes d’émancipation et de reconnaissance, circulation des savoirs entre pratiquants et administrateurs, mise en place d’activités intergénérationnelles, transmission et communautés (famille, groupes de pairs, associations), évolution des modes de socialisation, déplacement des frontières entre les classes, les nations et les individus, loisir et marqueurs identitaires, etc. Le colloque devrait donner lieu à des propositions de transmission des savoirs « pratiques » (ex. les connaissances des personnes engagées dans des activités) autant que des savoirs « savants » (ex. théoriques).

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
manager icon Responsables :
Pascale Marcotte
section icon Date : 10 mai 2012

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