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Entre la subordination et l'oppression : où va la résistance des jeunes à l'école?

LR

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Lucia Rabello De Castro : Institut de Psychologie Université Fédérale de Rio de Janeiro

Résumé de la communication

L'action de résistance des jeunes à l'école est souvent comprise comme une dysfonction. Cependant, une perspective moins défensive ouvre la possibilité d'interroger les façons multiples et hétérogènes utilisées par les jeunes pour recréer leur expérience scolaire. Nous proposons de discuter des enjeux qui entourent la participation des jeunes à l'école au moment où diverses attentes, quelquefois contradictoires, modèlent et conditionnent les actions des jeunes dans l'espace scolaire. La recherche a été conduite dans des écoles privées et publiques brésiliennes à Rio de Janeiro avec près de 1300 jeunes. Elle permet de constater que la position subordonnée de l'étudiant dans la hiérarchie scolaire conduit à une individualisation des actions, la croyance dans la fonction instrumentale de l'école et un détournement privatisé des conflits. La détérioration des écoles publiques joue un rôle considérable dans l'augmentation du niveau des tensions et conflits entre les étudiants et les maîtres et entraîne des différences entre les écoles privées et publiques. Les contradictions du processus de subjectivation mettent en scène la futilité, le non-sens et le bluff de la relation de subordination de l'apprentissage en produisant des résistances qui ne peuvent pas être toujours ouvertement dramatisées. Le paradoxe émerge entre les tentatives des jeunes de préserver la relation de subordination maître-étudiant et les luttes contre les injustices au sein de cette relation.

Résumé du colloque

Les représentations sociales autour de la participation politique des jeunes reposent depuis quelques décennies déjà sur l’idée qu’elle serait en crise. Cette vision d’une dépolitisation de la population juvénile mérite toutefois d’être nuancée. Premièrement, le cadre référentiel ultime des travaux sur l’engagement politique semble être le militantisme de gauche voué à une cause collective, si bien que les « nouveaux engagés » et les formes juvéniles d’action politique moins conventionnelles restent dans l’ombre. Deuxièmement, c’est peut-être la définition même du processus de politisation, qui suppose l’opposition directe au pouvoir, qui induit en erreur. Or, même dans les cas où des actions s’opèrent de manière atomisée et diffuse, leur agrégation peut aboutir à des formes de résistance ou de protestation collective. Troisièmement, il est approprié de se demander si la soi-disant crise de la participation politique des jeunes ne résulte pas d’un regard « euro-centré » qui prévient l’appréhension de pratiques juvéniles des sociétés postcoloniales, soit parce que jugées subversives et menaçantes pour l’establishment (mouvements punk et rap, jeunes des favelas), soit parce que supposées impossibles, par exemple sous les régimes autoritaires. Au cours de ce colloque, nous chercherons donc à comprendre les lieux d’engagement politique des jeunes d’aujourd’hui, leurs actions de résistance, leurs pratiques plus organisées de contestation et de revendication, en s’attachant à les restituer dans leurs contextes institutionnels (association locale, parti politique, etc.), nationaux et politiques (autoritarisme, pluralisme). Des réflexions auront également lieu autour des modes d’appréhension théorique et méthodologique des processus de politisation des jeunes, leurs limites ainsi que les possibilités de décloisonnement des approches et des disciplines.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
Discutant-e- de la session : Martin Goyette
section icon Date : 10 mai 2012

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