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Faire du vieux avec du neuf : le paradoxe promu par la politique d'aménagement Milieu de vie dans les CHSLD

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Sébastien Proulx : The Ohio State University

Résumé de la communication

Les regards sur l'hébergement des personnes âgées ont beaucoup évolué au cours des dernières années. De fait, l'apport à la qualité de vie que peut avoir la mise en oeuvre de milieux attentifs aux réalités de la vie antérieure des résidents est pris au sérieux. Dans cette perspective, des politiques d'aménagement sont développées pour assister les concepteurs dans la production de tel milieu. Ainsi, la mise en place de milieux où les résidents peuvent se reconnaître, maintenir leur personnalité et développer la capacité d'habiter est valorisée. Autrement dit, les approches d'aménagement hygiéniste sont révisées. Cette transformation des hébergements s'opère par différents gestes. À cet égard, la pratique du designer devient un terrain d'enquête pour analyser la représentation d'un milieu naturel et les moyens de les recréer. Cette communication a pour objectif de montrer, par un compte rendu ethnographique, de quelle manière se traduit la conception de milieux de vie. De façon plus critique, les résultats obtenus indiquent que les designers font usage de la symbolique de l'ancien pour atteindre leurs objectifs. Or, nous montrerons que cette stratégie a des limites et ne permet pas de résoudre les problèmes spécifiques des projets d'aménagement milieu de vie. Dans l'esprit de ce colloque qui vise à mettre en lumière des alternatives à faire du neuf ou ne rien faire, nous suggérerons un déplacement vers la conception d'usage signifiant comme objet pour les designers.

Résumé du colloque

La société de consommation contemporaine a promu l’objet « flambant neuf » immaculé, l’objet « toujours neuf » de l’obsolescence programmée, l’objet « plus neuf que le tien » pris dans la rivalité mimétique, comme horizon indépassable des aspirations individuelles. Assujettis à cette politique du neuf, les individus se modèleraient ainsi sans considération pour les histoires singulières émanant de leurs usages et des objets qui meublent leur vie. L’histoire du design au XXe siècle est intimement mêlée à la promotion de cette subjectivité contemporaine, lisse et étincelante. À l’aube de la démocratie participative, dans le sillage du web 2.0, et alors que s’édifie une société de la durabilité, le design est-il ainsi condamné à créer du neuf et à enfermer les aspirations individuelles dans ce mode de renouvellement de soi?

Ce colloque cherche à explorer les rapports entre le design et des démarches de subjectivation créatives à partir d’une critique politique du « neuf » qui couvre les polarités du nouveau et de l’ancien, du vierge et du recyclé, du frais et du périmé, du propre et du sale, etc.

Deux axes d’exploration seront proposés. Le premier axe abordera le lien entre design et subjectivation à l’aune du déplacement actuel du centre de gravité des pratiques de design qui s’intéressent dorénavant moins à l’objet qu’aux systèmes d’usage. Comment des démarches de design peuvent-elles réinventer localement et délibérativement des styles de vie en combinant des services et de multiples objets, neufs comme usés, à l’intérieur de scénarios? Le second axe s’attachera à examiner le design dans le cadre de l’alternative entre « faire du neuf » ou ne rien faire. Quels enjeux de design sont soulevés par la valorisation de la trace personnelle laissée par l’usage sur l’environnement matériel?

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
manager icon Responsables :
Christophe Abrassart
section icon Date : 10 mai 2012

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