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Féminité, performativité et amérindianité dans le travail de Lori Blondeau

JL

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Jonathan Lamy Beaupré : Inter, art actuel

Résumé de la communication

D'origine crie et ojibwé, l'artiste multidisciplinaire Lori Blondeau détourne les stéréotypes associés à la féminité et à l'amérindianité. De manière à la fois féministe et postcoloniale, elle utilise des modalités de représentation conventionnelles afin de saboter l'efficacité du stéréotype, d'insuffler un peu d'humour et de subjectivité dans ces images préfabriquées. Dans une œuvre intitulée Cosmosquaw (1996), elle pastiche l'esthétique objectivante du magazine de mode pour se représenter dans une position de pouvoir par rapport à la représentation. L'artiste se moque, se venge de l'image, utilise les clichés pour leur désobéir. Dans The Lonely Surfer Squaw (1997), Blondeau pose en bikini (fait de fourrure de castor), avec une planche de surf (en mousse d'isolation rose), non pas sur la plage, mais dans la neige. Sur ces photographies, le sujet féminin résiste à sa condition passive, la dénonce et la déconstruit avec violence et humour. L'agentivité critique permet ici de se réapproprier sa propre image. Dans la performance Putting the Wild back into the West (2004-2010), réalisée en collaboration avec Adrian Stimson, les spectateurs devaient se déguiser pour poser avec les artistes dans un faux décor de Far West, mettant en scène des jeux de désir qui mélangent et transgressent les rôles, les identités culturelles, les positions de pouvoir et les genres sexuels.

Résumé du colloque

La notion de désir a jusqu’ici été pensée comme appartenant au masculin, tandis qu’au féminin il incombe d’incarner l’objet du désir de l’homme. Depuis peu, les femmes s’approprient le discours érotique. Émancipées qu’elles sont des injonctions à la pudeur, elles projettent désormais la possibilité d’une subjectivité désirante.
Dans la mesure où les textes littéraires reconduisent les scripts sexuels (Gagnon) dominants, reposant sur la dyade Homme-sujet-actif-désirant/Femme-objet-passif-désiré, on peut affirmer, avec De Lauretis, qu’ils constituent une technologie du genre – cela se reflète tant dans la syntaxe érotique (« Il la prit », « Elle se donna à lui ») que dans la représentation des scènes sexuelles et, plus largement, dans la façon dont circule le désir.
Aussi, ce colloque se penchera sur la figure de la femme désirante dans les productions littéraires et médiatiques contemporaines, celles-ci entendues dans leur sens large, incluant aussi bien la culture des médias que celle des arts médiatiques.
Les productions culturelles se voient-elles transformées par la prise de parole des femmes? Les créateurs masculins prennent-ils acte de cette nouvelle possibilité d’une subjectivité désirante au féminin, la mettent-il en jeu dans leurs textes littéraires et autres productions culturelles?

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 10 mai 2012

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