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Identité, éthique de la reconnaissance et vivre ensemble : apport du programme d'éthique et culture religieuse

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Chantal Bertrand : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Selon Charles Taylor (1992), les diverses identités qui coexistent dans une société démocratique doivent être reconnues. Pour parvenir à un vouloir vivre-ensemble, il importe ainsi que l'identité de chacun et de chacune soit reconnue avec ses différences. Pour fonctionner, une société doit également être porteuse de repères fondamentaux pour unir les individus qui la composent dans une identité collective forte. Le défi des sociétés pluralistes est de construire de tels repères. Or, l'école a un rôle à jouer en ce sens et l'examen du programme d'études d'éthique et culture religieuse (ECR) peut fournir des indicateurs sur ce plan. En effet les cours d'enseignement moral et ceux d'enseignement moral et religieux confessionnel catholique et protestant ont été remplacés par un programme commun d'ECR. D'une part, l'enseignement de la morale fait place à celui de l'apprentissage de la réflexion éthique, et d'autre part, la visée confessionnelle fait place à l'enseignement culturel des religions. Les finalités de cette nouvelle discipline s'inscrivent explicitement dans une perspective d'améliorer le vivre-ensemble : la reconnaissance de l'autre et la poursuite du bien commun. L'analyse présentée porte sur la contribution de l'ECR à la structuration de l'identité des élèves, son orientation par rapport à la logique de la reconnaissance des identités et son apport potentiel au maintien et à la construction de repères pour soutenir une identité collective forte et inclusive.

Résumé du colloque

Si la coexistence a toujours représenté un enjeu de taille de la condition humaine, cet enjeu se pose avec encore plus d’acuité dans nos sociétés contemporaines puisqu’elles ont désormais à composer avec diverses figures affirmées de l’Autre — nationalité, ethnie, religion, orientation sexuelle, classe sociale, genre, etc.

En Europe comme au Québec, les débats, réflexions et propositions portant sur ce thème tendent à se concentrer en particulier sur la diversité culturelle et religieuse issue de l’immigration au sein des États-nations. Dans d’autres régions du monde où l’accès même à la démocratie reste un combat qui est loin d’être gagné, des espoirs d’un mieux-vivre ensemble sont éveillés, mais de nombreuses questions et inquiétudes demeurent quant aux conceptions du vivre ensemble qui vont se dessiner. En Afrique, l’installation de gouvernements d’union nationale, la recherche d’équilibre régional et les commissions dialogue et réconciliation pour recréer le lien social disloqué par les conflits armés et autres génocides, sont autant de mesures mises en œuvre pour un meilleur vivre ensemble. Les situations post-conflictuelles appellent à un pari sur l’éducation à cet égard.

Organisé par le Groupe de recherche sur l’éducation éthique et l’éthique en éducation (GREE) et l’Association francophone d’éducation comparée (AFEC), ce colloque a pour but de dégager des éléments porteurs pour penser les fondements et visées, analyser les contextes, les orientations et les pratiques et développer des outils pour éduquer au « vivre ensemble ».

Au programme, une soixantaine de présentations par des chercheurs en provenance de 14 pays. Un lancement conjoint : L’Éthique et culture religieuse en question,PUQ ; revue Éducation comparée. Le colloque est financé par l'Agence universitaire de la Francophonie, le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, l’Université du Québec, l'UQAM et l'UQTR.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
manager icon Responsables :
José Wolfs
section icon Date : 10 mai 2012

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