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Jeunesses du monde : genèse d'une nouvelle figure de la politique

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Alain Bertho : Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis

Résumé de la communication

Et si la question n'était pas celle de la participation de la jeunesse aux formes politiques que nous connaissons et pratiquons, mais celle de l'invention par la génération qui vient d'une nouvelle figure de la politique que nous avons des difficultés à identifier ?

Le cycle de la politique moderne commencé avec les Lumières et les Révolutions française et américaine s'achève. L'articulation de la conflictualité sociale et de la représentation politique au sein de l'État Nation est aujourd'hui ébranlée par la mondialisation. Depuis dix ans, la séquence que nous vivons, celle de la généralisation des processus émeutiers dans le monde, donne à voir avec brutalité l'épuisement de ce dispositif.

Partout dans le monde c'est la jeunesse qui est en première ligne de cette exaspération montante : la jeunesse étudiante d'Amérique latine comme la jeunesse populaire et urbaine d'Europe, comme la jeunesse ouvrière d'Asie.

Dans la dynamique du printemps arabe, l'année 2011 a incontestablement marqué une étape décisive : le passage de l'affrontement sans espoir avec les pouvoirs à des démarches collectives et stratégiques. De la Tunisie à Oakland, de Madrid à Dakar, une nouvelle figure historique de la politique se dessine, en rupture avec les anciens dispositifs de représentation et les stratégies partisanes de conquête du pouvoir.

La génération qui vient s'y reconnait et s'y investit. C'est donc cette nouvelle figure politique qu'il convient d'identifier.

Résumé du colloque

Les représentations sociales autour de la participation politique des jeunes reposent depuis quelques décennies déjà sur l’idée qu’elle serait en crise. Cette vision d’une dépolitisation de la population juvénile mérite toutefois d’être nuancée. Premièrement, le cadre référentiel ultime des travaux sur l’engagement politique semble être le militantisme de gauche voué à une cause collective, si bien que les « nouveaux engagés » et les formes juvéniles d’action politique moins conventionnelles restent dans l’ombre. Deuxièmement, c’est peut-être la définition même du processus de politisation, qui suppose l’opposition directe au pouvoir, qui induit en erreur. Or, même dans les cas où des actions s’opèrent de manière atomisée et diffuse, leur agrégation peut aboutir à des formes de résistance ou de protestation collective. Troisièmement, il est approprié de se demander si la soi-disant crise de la participation politique des jeunes ne résulte pas d’un regard « euro-centré » qui prévient l’appréhension de pratiques juvéniles des sociétés postcoloniales, soit parce que jugées subversives et menaçantes pour l’establishment (mouvements punk et rap, jeunes des favelas), soit parce que supposées impossibles, par exemple sous les régimes autoritaires. Au cours de ce colloque, nous chercherons donc à comprendre les lieux d’engagement politique des jeunes d’aujourd’hui, leurs actions de résistance, leurs pratiques plus organisées de contestation et de revendication, en s’attachant à les restituer dans leurs contextes institutionnels (association locale, parti politique, etc.), nationaux et politiques (autoritarisme, pluralisme). Des réflexions auront également lieu autour des modes d’appréhension théorique et méthodologique des processus de politisation des jeunes, leurs limites ainsi que les possibilités de décloisonnement des approches et des disciplines.

Contexte

section icon Thème du congrès 2012 (80e édition) :
Parce que j’aime le savoir
section icon Date : 10 mai 2012

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