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Siegfried Mathelet : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les débats contemporains sur la conscience phénoménale et sa primordialité face à l'intentionnalité posent la question de son caractère réflexif (Rosenthal) ou auto-réflexif (Kriegel) ou encore adverbial (D.W. Smith, Natsoulas, etc.). Nous nous intéresserons aux deux dernières approches et à leur possible interrelation.
Kriegel développe des arguments (1) phénoménologiques, (2) ontologiques et (3) naturalistes pour défendre l'auto-réflexivité à partir de Brentano et de l'idée de conscience périphérique chez Gurwitsch. Or, ce dernier révise le concept brentanien d'intentionnalité en le fondant sur une perception primordiale des états de premiers ordres. À l'encontre de Kriegel, la conscience phénoménale est déjà auto-organisée avant toute réflexion ou autoréflexion (a) et avant la fixation de l'expérience en représentations (b). Elle est donc orientée vers la réponse moins par le recouvrement d'un événement par un contenu catégorial, que par la saisie phénoménale de relations fonctionnelles externes (S-S) qui définissent ensuite les contenus catégoriaux (S et R) qui orientent l'agent (c).
L'exposé de ces différences, non-contradictoires avec le rôle fonctionnel qu'envisage Kriegel (d), permettra un retour sur les arguments (1-3) présentés à l'encontre de la théorie adverbiale et de conceptions mixtes. Nous conclurons en résumant les arguments en faveurs du double caractère adverbial et (auto-)réflexif de la conscience.
Ce colloque a pour principale vocation de contribuer au vaste débat autour de la nature et du rôle de la conscience dans l’économie de l’esprit. Depuis maintenant une vingtaine d’années, le thème de la conscience opère un retour en force sous la forme d’objections adressées aux positions physicalistes de l’esprit (Block, Chalmers, Jackson).
De manière générale, les débats et controverses que suscite ce thème se concentrent essentiellement autour du caractère réflexif et non réflexif de la conscience. En effet, certaines théories contemporaines, issues de la tradition représentationaliste, ont proposé différents modèles réflexifs de la conscience (Rosenthal, Carruthers, Lycan). D’autres théories actuelles qui se revendiquent du mouvement phénoménologique développent à l’inverse différentes conceptions non réflexives ou pré-réflexives de la conscience (Gallagher, Zahavi).
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